Les surveillants d'une prison lorraine en colère contre une réforme du régime de détention

10/01/2017
Lu 819 fois -   AFP

Une trentaine de surveillants pénitentiaires manifestaient mardi matin devant la prison d'Ecrouves (Meurthe-et-Moselle) contre une récente réforme qui a pour conséquence de maintenir davantage de détenus toute la journée dans leur cellule, ce qui selon eux crée des tensions et met le personnel en "danger".

Les surveillants en colère - une trentaine sur un total de 55 agents concernés - ont allumé un feu devant l'entrée du centre de détention et bloquaient ou retardaient les arrivées de leurs collègues ou de certains intervenants extérieurs, a précisé à l'AFP Emmanuel Febvre, du syndicat Ufap/Unsa Justice.

L'objet de la colère des agents est une "restructuration" décidée par la direction qui, selon l'Ufap, "entraîne une mise en danger des personnels".

Cette réforme consiste à augmenter le nombre de détenus qui, au sein de l'établissement, sont soumis au "régime contrôlé", c'est-à-dire qu'ils ne peuvent sortir de leur cellule que deux heures par jour, par opposition au "régime libéral", qui voit les détenus circuler à leur guise au sein de l'établissement l'essentiel de la journée.

"Ce n'est pas pour les détenus que nous manifestons. Le problème, c'est qu'en les enfermant dans leur cellule, on va les rendre agressifs, et c'est nous qui allons en subir les répercussions, et prendre des coups", a expliqué M. Febvre.

"C'est une situation dangereuse. Nous ne nous sentons pas en sécurité. Nous avons proposé à la direction qu'elle nous associe à une réflexion sur une autre restructuration, plus intelligente", a-t-il ajouté.

Le centre de détention d'Ecrouves, près de Toul, compte 270 places destinées à des détenus condamnés à de longues peines (d'au moins un an) et "considérés comme présentant les perspectives de réinsertion les meilleures", selon le site du ministère de la Justice. A ce titre, son régime de détention est "principalement orienté vers la resocialisation des détenus", précise la même source.

Depuis l'entrée en vigueur de la réforme, le nombre de places en "régime contrôlé" à Ecrouves est passé de 30 à 70, sur 270 au total, selon M. Febvre.

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