Les surveillants d'une prison lorraine en colère contre une réforme du régime de détention

10/01/2017
Lu 264 fois -   AFP

Une trentaine de surveillants pénitentiaires ont manifesté mardi matin devant la prison d'Ecrouves (Meurthe-et-Moselle) contre une récente réforme qui a pour conséquence de maintenir davantage de détenus toute la journée dans leur cellule, ce qui selon eux crée des tensions et met le personnel en "danger".

Les surveillants en colère - une trentaine sur un total de 55 agents concernés - ont allumé un feu devant l'entrée du centre de détention et bloquaient ou retardaient les arrivées de leurs collègues ou de certains intervenants extérieurs, a précisé à l'AFP Emmanuel Febvre, du syndicat Ufap/Unsa Justice.

L'objet du mécontentement des agents est une "restructuration" décidée par la direction qui, selon l'Ufap, "entraîne une mise en danger des personnels".

Cette réforme consiste à augmenter le nombre de détenus qui, au sein de l'établissement, sont soumis au "régime contrôlé", c'est-à-dire qu'ils ne peuvent sortir de leur cellule que deux heures par jour, par opposition au "régime libéral", qui voit les détenus circuler à leur guise au sein de l'établissement l'essentiel de la journée.

"Ce n'est pas pour les détenus que nous manifestons. Le problème, c'est qu'en les enfermant dans leur cellule, on va les rendre agressifs, et c'est nous qui allons en subir les répercussions, et prendre des coups", a expliqué M. Febvre.

"C'est une situation dangereuse. Nous ne nous sentons pas en sécurité, a-t-il ajouté.

Contacté par l'AFP, le directeur de la prison d'Ecrouves, Alexandre Bouquet, a estimé que la restructuration, mise en oeuvre depuis début décembre, allait au contraire "apporter aux surveillants plus de sécurité qu'à l'heure actuelle" car "c'est plus facile de travailler avec des détenus qui restent derrière la porte de leur cellule".

Cette réforme a été décidée pour répondre à une situation où un certain nombre de détenus, pourtant affectés en "régime contrôlé" sur décision d'une commission compétente, restaient de facto en "régime libéral", faute de place dans ce quartier où les portes des cellules restent fermées l'essentiel de la journée, a expliqué M. Bouquet. "A la mi-novembre, nous avions ainsi 14 détenus sur liste d'attente pour intégrer le régime contrôlé", a-t-il détaillé.

Certains détenus sont "de plus en plus remuants, survoltés, on ne peut pas les laisser en +portes ouvertes+", a encore affirmé M. Bouquet.

Depuis l'entrée en vigueur de la réforme, le nombre de places en "régime contrôlé" au centre de détention d'Ecrouves est passé de 30 à un peu plus de 60, sur 270 places au total, selon les syndicats et la direction.

D'après le site du ministère de la Justice, les centres de détention sont destinés à accueillir des détenus condamnés à de longues peines (d'au moins un an) et "considérés comme présentant les perspectives de réinsertion les meilleures". A ce titre, leur régime de détention est "principalement orienté vers la resocialisation des détenus".

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