Dernière semaine sous tension pour les candidats à une présidentielle de tous les possibles

France - 16/04/2017 20h44 - mis à jour le 17/04/2017 10h28
Lu 21 930 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
Dernière semaine sous tension pour les candidats à une présidentielle de tous les possibles
Politique
Des affiches de candidats à l'élection présidentielle sur des panneaux électoraux, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). (PHOTO: ILLUSTRATION/ LORACTU)

A cinq jours de la fin de la campagne et à sept du vote pour le premier tour d'une présidentielle de "tous les possibles", les sondages annoncent un match à quatre. Les deux favoris Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont accusé un trou d'air ces derniers jours alors que Jean-Luc Mélenchon a émergé à des niveaux inédits. François Fillon, candidat mis en examen, fait preuve d'une ténacité étonnante et a quelque peu progressé dans les sondages.

Une campagne folle. A quelques jours du vote, les sondages promettent un match à quatre entre les deux favoris Emmanuel Macron et Marine Le Pen face aux outsiders Jean-Luc Mélenchon et François Fillon. Selon un sondage Ipsos-Steria pour Le Monde, les intentions de vote se trouvent désormais dans un mouchoir de poche. Emmanuel Macron et Marine Le Pen (23%) sont à égalité et qualifiés pour le second tour. Mais rien n'est fait puisque Jean-Luc Mélenchon (20%) et François Fillon (19%) sont tout juste derrière et la marge d'erreur rend incertain le score potentiel des concurrents à l'Elysée. Une semaine cruciale s'ouvre pour les onze candidats où chaque minute compte pour convaincre les millions d'indécis qui feront certainement basculer le scrutin le plus fou de la Ve République. 

Emmanuel Macron, la surprise à la fragilité toujours pesante

Emmanuel Macron d'abord. Le leader d'En Marche qui a accusé un faux plat ces derniers jours dans les enquêtes d'opinion doit faire la différence cette semaine alors qu'il distançait encore ses concurrents ces dernières semaines. Le candidat joue gros ce lundi avec son "entretien d'embauche" face à Jean-Jacques Bourdin dès 8H30 sur BFMTV-RMC. Puis il donnera le coup d'envoi de sa dernière ligne droite lors d'un grand meeting à Paris-Bercy devant au moins 20 000 partisans. Un moment fort de sa campagne où il doit montrer ses muscles et prouver qu'il peut devenir le prochain président. Le soir il sera sur TF1 devant ders millions de téléspectateurs. Dans la semaine, M. Macron va multiplier les déplacements et les meetings. A Nantes mercredi avec Jean-Yves Le Drian, l'actuel ministre de la Défense mais aussi au marché de Rungis peu avant 6H pour rencontrer la "France du travail qui se lêve tôt" puis vendredi à Arras et Rouen. Il a finalement annulé un rassemblement à Charleville-Mézières dans l'est de la France. Jeudi soir il sera aussi l'invité de France 2 pour une interview alors qu'un débat entre les onze était programmé puis finalement annulé par la chaîne à cause de difficultés d'organisation. L'ancien ministre, surprise de cette campagne, ne doit pas faiblir cette semaine alors que son concurrent de gauche Jean-Luc Mélenchon ne cesse de progresser et que François Fillon ncompte sur un sursaut des électeurs de droite. 

Marine Le Pen, l'utra-favorite qui perd en vitesse

Marine Le Pen quant à elle doit aussi convaincre cette semaine qu'elle n'est pas en perte de vitesse. Créditée de 26-27% des intentions de vote en mars, elle est retombée à 22-23% dans la dernière ligne droite. Une difficulté pour la cheffe du FN affaiblie par des affaires judiciaires touchant à son parti. Mise en cause pour des emplois fictifs présumés d'assistants parlementaires au Parlement européen, Mme Le Pen pourrait perdre prochainement son immunité de députée européenne pour être entendue par les juges français - ce qu'elle a refusé de faire durant la campagne. La fille de Jean-Marie Le Pen doit convaincre les électeurs déçus de François Fillon alors que sa base électorale des régionales de 2015 semble solide et fidèle. Ces derniers jours, elle a multiplié les attaques contre Emmanuel Macron et François Fillon qui seraient "complaisant avec l'islamisme" tandis que Jean-Luc Mélenchon a pris des coups sur son programme économique. La leader du Front national tiendra un grand meeting ce lundi soir au Zénith de Paris à 20H et à Marseille mercredi. En difficulté après sa sortie sur le Vel'd'Hiv que la candidate a assumé a déporté le regard médiatique sur le passé du parti d'extrême droite alors engagé dans une vaste entreprise de dédiabolisation au succès peu contestable ces derniers mois. Au FN on s'inquiète même d'être éliminé dès le premier tour tant l'écart est désormais serré même si on affirme ne pas croire les sondages. 

Mélenchon se rêve en "champion" de la gauche et vise un 2nd tour

A gauche, Jean-Luc Mélenchon qui inquiète même le chef de l'Etat sortant François Hollande doit confirmer sa dynamique entammée dès le 18 mars lors de son rassemblement de la Bastille. Le leader de la France Insoumise qui a doublé son concurrent du PS Benoit Hamon est en train d'opérer une spectaculaire remontée dans les sondages au point d'être au niveau de François Fillon. Le candidat qui a fait l'éloge de la paix à Marseille il y a une semaine et à la liberté à Toulouse dimanche a promis une "veste électorale cousu-main" au candidat Les Républicains. Vivement critiqué ces derniers jours pour son programme économique "communiste" par tous ses adversaires mais aussi des syndicats ou la presse de droite et libérale, M. Mélenchon crédité de 20% d'intentions de vote doit éviter la mauvaise surprise de 2012 (11% pour son score) alors que les sondages s'étaient envolés dans la dernière ligne droite. Pour calmer ses adversaires, il se dépeint volontiers comme "capable de gouverner", prêt à se qualifier au second tour tout en assurant ne "pas être communiste" et "d'extrême gauche". Sur la forme, le candidat concentre désormais ses attaques contre ses concurents et laisse les journalistes en paix préférant profiter des réseaux sociaux et Youtube pour toucher de nouveaux publics. Mardi, il tiendra un meeting à Dijon rentramis dans six autres villes dont Nancy grâce à son hologramme. Cette semaine, le candidat désormais au centre du jeu, espère devenir le candidat du vote "utile" à gauche et montrer qu'il est désormais capable de gouverner avec une équipe. Ce qui est encore loin d'être fait. 

Abimé par les affaires, Fillon croit encore à la victoire

A droite, François Fillon abimé par les affiaires montre pourtant une ténacité que son propre camp n'imaginait pas. Le vainqueur de la primaire de novembre qui avait alors un boulevard devant lui reste écorché par sa mise en examen pour "détournement de fonds publics" notamment dans l'affaire des emplois fictifs présumés de son épouse Penelope et de deux de ses enfants. D'abord lâché par une partie des élus LR et son équipe, le canddiat a finalement "resisté" au "système" qu'il accuse de vouloir "l'assasiner" pour l'empêcher de gagner la présidentielle. Pointant un "cabinet noir" piloté par François Hollande et s'en prenant régulièrement aux médias dont Le Canard Enchaîné et Médiapart, le candidat LR-UDI a retrouvé des couleurs et a gagné quelques points dans les sondages. Après son grand rassemblement dimanche dernier à la Porte de Versailles, il a aussi entammé une grande tournée des capitales régionales. Strasbourg, Marseille, Toulouse, Lyon, Montpellier... où il a pu compter sur des salles pleines et mobilisées. Mais le canddiat de la droite doit faire face à une montée innatendue de M. Mélenchon et au candidat Macron qui prend des ex-électeurs d'Alain Juppé tenté par sa modération. Cette semaine en plus de meetings, François Fillon doit s'afficher lors d'un déplacement avec son ancien rival de la primaire pour montrer une unité de la famille Les Républicains alors que de nombreux sarkozystes sont revenus au centre du jeu ces dernières semaines. L'ancien président de la République avait appelé les électeurs à voter "sans états d'âme" pour son ancien Premier ministre afin de garantir l'alternance. Reste à savoir si suffisamment d'électeurs laisseront leurs états d'âme de côté pour garantir une qualification de leur champion. 

Benoit Hamon ou le bateau socialiste à la dérive

Enfin, le cinquième homme de la campagne, Benoit Hamon plombé par des sondages alarmistes - 7-8% d'intentions de vote - fait encore mine d'y croire et laboure le terrain. Le champion de la primaire de gauche a multiplié les déplacements en banlieue - fiefs habituels des candidats socialistes - et a opéré un marathon dans le Grand-Ouest ces derniers jours qui doit le conduire mardi à Toulouse. Deux jours après Jean-Luc Mélenchon qui aspire ses voix à vitesse TGV, le canidat du PS lâché par une partie des siens tiendra un grand meeting dans la ville rose. Mercredi, il tentera de remplir la Place de la République à Paris pour un dernier rassemblement de campagne qu'il espère géant. Comme... Jean-Luc Mélenchon un mois plut tôt. Laissé par Manuel Valls parti rejoindre Emmanuel Macron, Hamon qui avait tendu la main au leader de la France Insoumise en faisant alliance avec les Verts se voit désormais dépassé à sa gauche par l'ancien sénateur... socialiste. Le chantre du "futur désirable" qui veut "faire battre le coeur de la France" n'a pas imprimé durant la campagne. Seule sa proposition de revenu universel a provoqué des débats vite relegués au second place face aux ralliements de gauche à Emmanuel Macron et à la monjtée de Jena-Luc Mélenchon. La plupart des élus socialistes ne croient plus en une qualification de leur champion au second tour et pensant déjà aux législatives qui s'annoncent difficiles pour le PS. 

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