Radicalisation djihadiste: la Lorraine dans le "top 10" des régions

Metz - 27/01/2015 14h03
Lu 22 196 fois -   La Rédaction
Radicalisation djihadiste: la Lorraine dans le "top 10" des régions
Société
Trois personnes d'une même famille ont été arrêtées alors qu'ils revenaient de Syrie, alors qu'au moins une dizaine de personnes sont suivies dans la région après des soupçons de départs vers le jihad. PHOTO : DR

Dans le top 10 ? La Lorraine serait particulièrement concernée par le phénomène de radicalisation qui pourrait emmener des hommes et des femmes, notamment jeunes, à partir faire le djihad en Syrie. Un phénomène qui touche surtout la Moselle.

 

La Lorraine, et surtout la Moselle, serait l’un des six foyers de province où les tendances à la radicalisation djihadiste seraient les plus marquées, d’après une enquête d’un groupe de chercheurs français et internationaux du Programme de veille sur la radicalisation. Hors région parisienne, notre région serait positionnée juste après Lille, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Marseille.

 

Interrogé par Le Républicain Lorrain (article abonnés), Mathieu Guidère, expert en arabe, professeur d’université à Toulouse, auteur de nombreux ouvrages sur le printemps arabe ou les nouveaux terroristes et qui a dirigé cette étude au long cours assure que ”votre région (la Lorraine, NDLR) est dans le top ten en France. Il s’agit bien de radicalisation djihadiste, d’appels violents au combat, d’incitation au départ. Notre étude ne vise pas à évaluer à l’unité près le nombre de djihadistes que contient chaque foyer, nous ne pouvons pas nous substituer aux services de police et de gendarmerie qui s’en occupent. Notre travail montre une atmosphère, un air du temps sur la question.”

 

“La base de notre raisonnement rejoint l’analyse que vient de faire le Premier ministre Manuel Valls sur l’autoradicalisation : 90 % de ceux qui basculent dans le djihadisme et/ou partent sur les terrains de guerre l’ont fait par le biais d’Internet”, a-t-il ajouté.

 

“Dans son classement, alors que Nancy est dépeint comme un pôle secondaire, le Sillon mosellan, de Metz à Thionville en passant par Fameck, serait en première ligne. Essayant de traduire cette pression djihadiste en chiffres, les chercheurs estiment que le pôle nord-mosellan atteint une centaine d’individus, quand celui de la cité ducale ne dépasserait pas la cinquantaine de personnes sensibles à l’islamisme radical”, assure ce mardi le quotidien lorrain, assurant que les chiffres avancés par ce chercheur sont confirmés par les autorités.

 

Une famille de Moselle-est arrêtée de son retour de Syrie

 

Une famille a été arrêtée au mois de janvier alors qu'ils revenaient de Syrie. Un père, son fils et un troisième membre de la famille étaient partis, a-t-on appris de sources proches, alors que la communication autour de ces dossiers est extrêmement sensible. Les trois membres de la famille habitent en Moselle, dans un village de près de Freyming-Merlebach. Selon nos informations, le père et le fils ont rejoint un autre membre de la famille derrière les lignes de guerre de l'Etat islamique. 

Toujours selon nos informations, révélées en octobre dernier, une dizaine de personnes seraient concernées de près ou de loin par le djihâd. Des cas "plus ou moins forts" avait assuré la Préfecture. 

 

«La zone Est n’est évidemment pas épargnée par cette tendance mais c’est l’une des zones les moins touchées» assurait M. Vignon, ex-préfet chargé de la zone de sécurité et de Défense Est parti dans le Cantal depuis, à propos des dérives djihadistes. «On nous signale des cas et ils sont pris en charge par les services compétents» ajoute le préfet délégué, refusant toutefois de préciser le nombre de personnes concernées. «Il y a des cas en Lorraine, plus ou moins forts» assure-t-il du bout des lèvres, estimant le sujet «sensible et délicat».

 

"Il y a des signalements"

 

«Il y a des signalements et nous les traitons» a-t-il répété, ajoutant qu’il ne souhaite pas que l’on tombe dans une comparaison entre territoires. «Il faut faire preuve de discrétion pour être efficace. Il ne faut pas susciter de point de faiblesse qui pourrait affaiblir notre système de vigilance».

 

«Le suivi précis des djihadistes voulant partir, étant déjà partis ou revenant de Syrie se fait sous l’autorité des préfets des départements» a précisé Richard Vignon. «Quand on est sur le préventif on est dans des cas traités par la police administrative puis lors du répressif on est sous l’autorité judiciaire» a-t-il conclut.

 

Le Républicain Lorrain écrivait en juin dernier qu'un jeune lorrain avait déjà trouvé la mort dans des combats en Syrie tandis que François Hollande avait communiqué le chiffre d'au moins 30 victimes Françaises lors du djihâd. 


Le directeur d'Europol a estimé lors d’une conférence depuis Londres qu'entre 3.000 et 5.000 Européens sont partis faire le djihad dans des pays comme la Syrie et qu'ils pourraient représenter une menace de retour chez eux. «Nous parlons de quelque 3.000 à 5.000 citoyens de l'UE (Union européenne)», a déclaré Rob Wainwright interrogé par la commission des affaires intérieures du Parlement britannique sur le nombre de personnes qui ont quitté l'Europe pour aller se battre au Proche-Orient. Et selon lui, ces personnes, des jeunes hommes en majorité, représentent un danger pour la sécurité de leur pays d'origine, s'ils y reviennent.

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