Accusés à tort de maltraitance, privés de leur fille pendant 3 ans, les parents réclament justice

Nancy - 05/04/2017 14h19
Lu 26 571 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
Accusés à tort de maltraitance, privés de leur fille pendant 3 ans, les parents réclament justice
Société
PHOTO : ITELE

Yoan Bombarde et Sabrina Dietsch ont été séparés de leur fille Louna pendant 3 ans et demi, soupçonnés à tort de maltraitance: ils entament à présent un combat contre les médecins et la justice, pour que d'autres familles ne vivent pas "ça".

Un couple injustement accusé de maltraitance sur sa fille en a été privé pendant trois ans, poursuivi, mis en examen avant que la vérité n’éclate: l’hématome sur son visage était dû à une maladie rare. Les deux parents veulent engager des démarches pour demander réparation aux experts.

L'enfant, une fillette prénomée Louna, avait été retiré au couple en 2012, à la suite d'un signalement de médecins du CHU de Nancy, qui avaient constaté des gonflements sur le corps du bébé et avaient soupçonné des mauvais traitements. Mais une contre-expertise médicale avait démontré que la petite fille souffrait, comme sa mère et son frère de deux ans et demi, d'angioedème héréditaire, et que cette maladie génétique rare était à l'origine des marques sur son corps. 

Le 22 juin 2016, le couple a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nancy, grâce au rapport d'une pédiatre de Grenoble, appartenant au centre de référence de cette maladie rare (le Creak). Les parents avaient ensuite récupéré sans autorisation leur petite fille de 3 ans et demi, qui vivait en famille d'accueil, lors d'une visite organisée dans les locaux de la Direction vosgienne des interventions sociales de Rambervillers (Dvis). "On l'a fait sur un coup de tête", avait expliqué le père. "L'assistante sociale était surprise et s'y est opposée, mais il n'y a eu aucune altercation", a-t-il ajouté.

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- La famille demande "réparation du préjudice subi" -

Le parquet d'Epinal, qui avait requis la solution du maintien du placement mais au domicile des parents, avait fait valoir que le père avait été condamné pour des violences conjugales, en soulignant un "contexte d'impulsivité". Il a en revanche renoncé à poursuivre les parents pour l'"enlèvement" de leur fille.

Le petit frère de la fillette est lui aussi atteint de la maladie mais les symptômes sont plus graves. 

L'angioedème héréditaire touche environ 1.000 personnes en France, selon le site internet du ministère de la Santé. Cette maladie "se manifeste par des oedèmes récurrents pouvant siéger aux extrémités, au tronc, au visage". Des oedèmes à la gorge peuvent apparaître, entraînant un risque d'asphyxie.

La famille a quitté la Meurthe-et-Moselle en août 2016 pour rejoindre un petit village de l’Isère pour se rapprocher du CHU de Grenoble qui pourra suivre la pathologie des deux enfants. Le couple va dans la foulée engager des procédures.  Une assignation civile va être adressée au TGI de Nancy la semaine prochaine pour demander "réparation du préjudice subi". Une saisine du Conseil de l’ordre est aussi prévue. Ces actions visent trois experts qui s’étaient prononcées sur les violences présumées que n’a jamais subi Louna. 

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