Après Gandrange et Florange, fermeture d’Akers à Thionville qui emploie 170 personnes

Thionville - 31/03/2016 11h38
Lu 7 202 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
Après Gandrange et Florange, fermeture d’Akers à Thionville qui emploie 170 personnes
Economie
François Hollande alors candidat à la présidentielle de 2012 avait visité l'usine d'Akers à Thionville (Moselle) où il avait dénoncé l'échec de la droite à Gandrange.

Près de 170 emplois vont être supprimés en Moselle dans l’usine d’aciérie Aker à Thionville après la liquidation décidée mercredi par la justice. Après les fermetures de Gandrange et les hauts fourneaux de Florange, l’industrie mosellane connaît un nouveau coup dur. 

Les aciéries Akers France, qui emploient 250 personnes dans le nord et l'est de la France, vont être liquidées, a décidé mercredi la chambre commerciale du tribunal de Thionville, a indiqué l'avocat du CCE, Bertrand Mertz.

Lors de la revente, en novembre, de ses activités au groupe Ampco-Pittsburgh, le suédois Akers n'avait pas cédé les usines de Thionville (Moselle) et Berlaimont (Nord). Depuis, placées en redressement, elles cherchaient un repreneur. Trois candidats potentiels avaient été retenus le 22 mars par la justice: le directeur du site de Thionville, Alain Vermersch, celui du site de Berlaimont, David Souilah, et l'entreprise Green Elephant.

M. Vermersch avait indiqué avoir le soutien d'Arcelor Mittal, client d'Akers France, qui s'engageait sur des volumes de commande pour l'année 2017. "C'est notamment le prix de cession négatif" qui a gêné la chambre commerciale, a expliqué M. Mertz. "Aucun repreneur n'offrait quelque chose pour le site, les créanciers payaient à leur place". "Le problème, c'est que le tribunal a été saisi trop tardivement. Il aurait fallu faire une procédure de sauvegarde. C'est très, très, dur" pour les salariés, a-t-il ajouté.

- 170 salariés sur le carreau en Moselle -

Dans l'entourage de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, qui soutenait le projet de reprise de M. Souilah, on juge cette décision "incompréhensible". "On est très surpris par cette décision qui est extrêmement grave", a commenté cette source interrogée par l'AFP et selon laquelle le projet de reprise reposait sur "un outil industriel qu'on estimait d'avenir".

Le secrétaire du comité d'entreprise de l'usine de Berlaimont, Jean-Pierre Deckuyper, a pour sa part demandé à ce que "le juge revienne sur sa décision". "Les juges ne font qu'appliquer les lois du gouvernement. Or, celui-ci, qui se dit +socialiste+, nous laisse tomber, en écoutant les ordres donnés depuis Bruxelles", a-t-il expliqué à l'AFP. "Qu'est-ce qu'on attend pour bloquer les plans sociaux? Le gouvernement fout le bordel et il va le payer, dans les urnes ou ailleurs", a-t-il prévenu.

Au total, environ 250 personnes travaillent sur les deux sites industriels, dont plus de 170 en Moselle.

- Le président de la Moselle parle d’une "décision brutale" -

Le président (UDI) du département de la Moselle et vice-président de la région Grand-Est a pris connaissance, "avec stupeur et regret, de la décision de la Chambre Commerciale du Tribunal de Thionville de procéder à la liquidation de l’entreprise dont le site majeur se trouve à Thionville" indique un communiqué de Patrick Weiten. 

"Cette décision brutale met ainsi fin à l’activité d’un des fleurons historiques de la sidérurgie mosellane dont la qualité des produits bénéficie d’une renommée internationale et frappe durement les 168 salariés de l’établissement thionvillois" poursuit le président du conseil départemental. 

Pour le FN local, cette future fermeture est liée «à de mauvais choix politiques: notre idéologie libre-échangiste nous aveugle, notre haine des frontières nous obsède, le combat de notre gouvernement pour un fiscalisme confiscatoire est toujours plus intense. Cette lutte pour la mort de l'économie française porte ses fruits: subissant une concurrence déloyale venant d'extrême Orient, associée à des charges beaucoup trop importantes qu'une administration a refusé de revoir à la baisse, elle voit s'ajouter à elle dorénavant des centaines d'emplois mosellans qui disparaissent: casse économique, casse sociale, voilà le résultat de cette classe politique. Disparition de l'Etat, des frontières, désertification des territoires, déliquescence du service public, absence de stratégie économique, territoriale, globale: voilà où nous mène l'absence de volonté» s’insurge Hervé Hoff, ex-candidat aux municipales de Thionville.

Fort symbole, François Hollande alors candidat à la présidentielle était venu dans l’usine en 2012 avec Martine Aubry. Lors d’un déplacement fortement médiatisé, il avait alors vivement critiqué l’échec de la droite à Gandrange sur le site ArcelorMittal situé non loin. Devant des responsables et salariés d'Akers, M. Hollande avait décrit la Lorraine comme une région qui "veut vivre mais sans qu'on lui donne des promesses sans lendemain", "elle veut vivre en ayant une stratégie (...) parce qu'elle a les moyens de réussir. Et ici vous en avez le bon exemple !". "Nous sommes ici pour dire que l'emploi a été oublié par le gouvernement. François Hollande est celui qui porte le chemin du redressement productif et industriel", avait assuré Mme Aubry. 

(Avec AFP)

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