Nancy: une mamie diabolique de 72 ans jugée pour actes de tortures sur son mari

Vosges - 28/03/2017 13h36
Lu 57 373 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
Nancy: une mamie diabolique de 72 ans jugée pour actes de tortures sur son mari
Faits Divers
Les faits s'étaient déroulés dans ce petit village de la vallée des Vosges, en août 2010. (PHOTO: GOOGLE STREET VIEW/ LORACTU)

Une femme de 72 ans est jugée en appel par la Cour d’assises de Nancy (Meurthe-et-Moselle) pour des actes de torture et de barbarie commis sur son mari. Décrie comme peu empathique, méchante et violente, elle faisait vivre un cauchemar à son mari handicapé.

Les faits remontent à août 2010. Les pompiers sont appelés pour un homme ayant fait une violente chute dans sa maison du petit village de Nompatelize (Vosges), un peu moins de 600 habitants. Une explication donnée alors par son épouse qui va rapidement être au cœur des interrogations des enquêteurs de la police de Saint-Dié-des-Vosges qui vont rapidement exclure la thèse de l’accident domestique. Le vieil homme est nu baignant dans une mare de sang quand les secours arrivent sur place. Son corps est couvert de marques de coups, son dos de traces de morsures. Il a une oreille arrachée. Le pronostic vital du septuagénaire, en état d'hypothermie, est alors engagé.

Transporté à l’hôpital, il va finalement survivre avec d’importantes séquelles. Handicapé, il avait déjà été frappé par trois AVC consécutifs qui ont dégradé son état de santé au moment où il a servi de souffre douleur à son épouse décrite comme «sans cœur», «tyrannique». En garde-à-vue, cette «mamie diabolique» qui ressemble à toutes les vieilles dames de son âge va nier les faits de maltraitance avant de reconnaître partiellement. Pour montrer la violence des sévices, le procureur de la République d’Epinal de l’époque avait «exclut tout acte de colère ou de désespoir». «Les constatations médico-légales montrent que «pas un seul centimètre du corps de l'intéressé», comme par endroits «piétiné», «n'a été épargné». Effroyable.

- "Diabolique", "détestée par ses enfants, ses voisins..." -

Rejugée en appel cette semaine par la Cour d’assises, sept ans après les faits, cette femme de 72 ans qui a provoqué un vif émoi dans son ville où personne ne la soupçonnait, a continué à nier les faits et les qualificatifs peu élogieux décrivant sa personnalité. Le vieil homme avait le nez fracturé et une cheville brisée au moment de prise en charge. Sa canne était cassée, son tripode tordu, et des traces de sang constellaient les murs de la maison du couple qui a vécu plus de 40 ans ensemble.

Sorti d’affaire, l’homme n’a plus l’usage de la parole et de l’écrit même s’il comprend ses interlocuteurs. Durant l’enquête, il avait dû répondre aux questions des policiers en hochant la tête devant les feuilles de papier marquées «oui» ou «non» qu'on lui soumettait. Le couple avait fait l’objet de signalements aux services sociaux du département des Vosges mais qui n’avaient jamais été suivis d’enquête. Le bruit courait dans le village mais «personne n’avait osé agir» face à la détresse de cet homme jusqu’à cette nuit du 21 août 2010.

«L'époux était devenu grabataire, incontinent: il était devenu à beaucoup d'égards gênant, il devenait un poids mort», avait expliqué le procureur. Durant une audience ce lundi à l’ouverture de son procès en appel, la mamie diabolique a expliqué qu’elle «aimait son homme» mais qu’elle se sentait «piégée» face au lourd handicap de son mari.

- 10 ans de réclusion criminelle lors de son premier procès - 

La tortionnaire surnommée par les habitants de son village et la presse locale de «mamie-balai» à cause de son appétence pour les tâches ménagères avait été condamnée à 10 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises d’Epinal en 2013. L’avocat général avait requis huit ans de prison. La septuagénaire avait fait appel de sa condamnation.

Depuis sa mise en examen, elle a passé sept ans en détention. La suspecte, une ouvrière à la retraite qui travaillait auparavant dans une papeterie, qui a nié les actes de torture et de barbarie avait reconnu «avoir pu donner des coups, quelques dérapages, sous l'effet des nerfs qui ont lâché». «Tout le monde la connaissait parce qu'elle goudronnait et jetait de l'huile de vidange sur la barrière de sa propriété pour ne pas que les enfants de l'école ne s'assoient dessus», avait raconté un voisin au moment de l’enquête.

Le verdict du procès en appel est attendu en fin de semaine. 

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