Interpellations dans l'affaire Grégory: 32 ans de rebondissements et de mystère

Vosges - 14/06/2017 14h09
Lu 6 439 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
Interpellations dans l'affaire Grégory: 32 ans de rebondissements et de mystère
Faits Divers
Le petit Grégory, 4 ans, retrouvé mort dans la Vologne dans les Vosges, en 1984.

L'affaire de plus de 32 ans connaît ce mercredi un coup de théâtre: trois personnes dont un couple ont été interpellées, soupçonnées d'être liées au meurtre du petit garçon âgé de 4 ans. Retour sur trois décennies de rebondissements, de suspense et de mystère d'une affaire judiciaire et médiatique hors-norme. 

1984 à 1993: du meurtre de l'enfant à la vangeance du père

16 octobre 1984: le corps de Grégory Villemin, 4 ans, est découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Son oncle a reçu quelques heures plus tôt l'appel téléphonique d'un «corbeau» revendiquant l'assassinat. Le 17, les parents, Jean-Marie et Christine Villemin, reçoivent une lettre anonyme: «Ton fils est mort. Je me suis vengé.»

5 novembre 1984. Le cousin du père de l'enfant, Bernard Laroche, est inculpé d'assassinat et écroué sur la base du témoignage accablant de sa belle-sœur, Muriel Bolle. Celle-ci revient toutefois sur ses déclarations peu de temps après.

4 février 1985: Bernard Laroche est remis en liberté.

29 mars 1985: Jean-Marie Villemin, qui le tient pour le meurtrier, tue Laroche d'un coup de fusil.

5 juillet 1985: Christine, désignée comme possible corbeau par des graphologues, est inculpée et écrouée, puis libérée le 16 juillet.

22 juillet 1986: Jean-Marie est renvoyé aux assises pour le meurtre de Laroche.

9 décembre 1986: Christine est renvoyée aux assises pour le meurtre de Grégory.

17 mars 1987: cassation de l'arrêt de renvoi de Christine Villemin. La cour d'appel de Dijon reprend l'enquête.

24 décembre 1987: Jean-Marie est libéré.

3 février 1993: non-lieu pour Christine Villemin.

16 décembre 1993: Jean-Marie est condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont un avec sursis. Il sera libéré après trente-quatre mois de détention.

Années 2000: l'espoir de l'ADN et des interpellations surprises

14 juin 2000: réouverture de l'enquête pour une recherche d'ADN sur une lettre du corbeau de 1983, qui s'avère inexploitable.

11 avril 2001: clôture de l'instruction.

30 juin 2004: l'État est condamné à verser 35.000 euros à chacun des parents de Grégory pour dysfonctionnement de la justice.

Septembre 2006: le colonel de gendarmerie Sesmat, qui a dirigé l'enquête, laisse entendre, dans son livre Les Deux Affaires Grégory, que de lourds soupçons pèsent sur Laroche.

3 décembre 2008: la cour d'appel de Dijon, saisie par les époux Villemin, ordonne la réouverture de l'enquête pour une nouvelle recherche d'ADN.

22 octobre 2009: le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney, annonce la découverte de «deux ADN identifiables», «un masculin et un féminin», sur le timbre et une lettre du corbeau, qui ne sont pas ceux des parents.

7 décembre 2009: découverte de «traces de mélange complexe d'ADN» sur l'enveloppe de la lettre du 16 octobre 1984, revendiquant l'assassinat de Grégory, mais les experts les jugent «difficilement exploitables». Les gendarmes font des prélèvements ADN sur tous les protagonistes du dossier ainsi que sur les enquêteurs afin de les comparer aux traces découvertes sur les scellés.
À la 9e minute:

5 mai 2010: les quelque 150 prélèvements ADN, effectués et analysés par des experts depuis plusieurs mois, ne mènent à aucune piste.

20 octobre 2010: la justice ordonne six nouvelles analyses afin «d'aller au bout de ce qui est techniquement possible».

28 septembre 2011: les trois premières analyses ADN se révèlent négatives. Elles concernaient deux couples voisins des Villemin, celle au dos d'un timbre sur une lettre anonyme signée «Corinne» et enfin la recherche de traces de foulage (reliefs sur une page dus à la pression de l'écriture) sur la lettre de revendication du meurtre.

16 janvier 2012: le procureur général de Dijon, Jean-Marie Beney, annonce que les résultats des dernières analyses, considérées comme les plus importantes, sont «négatifs». Seule reste désormais la comparaison de la voix du corbeau avec celle des protagonistes de l'affaire.

26 septembre 2012: à la demande des parents de Grégory, qui souhaitaient que soit testée une nouvelle technique développée par un laboratoire bordelais, la justice autorise de nouvelles recherches d'ADN sur les vêtements et les chaussures de l'enfant.

24 avril 2013: le procureur général de la cour d'appel de Dijon, Jean-Marie Beney, présente les résultats des dernières analyses ADN et annonce que le dossier n'est pas clos, mais que, d'un point de vue scientifique, «l'espoir» de trouver le coupable «s'éloigne». Selon le procureur, il n'est pas possible de mettre un nom sur les profils ADN relevés et les cordelettes sont difficilement exploitables.

14 juin 2017: Trois personnes placées en garde-à-vue après leur interpellation dans les Vosges, 32 ans après le meurtre de l'enfant. 

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