Ramonchamp: jugé pour avoir tué, découpé et enterré sa compagne avant de faire croire à une "disparition"

Vosges - 20/06/2017 13h12
Lu 24 169 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
Ramonchamp: jugé pour avoir tué, découpé et enterré sa compagne avant de faire croire à une "disparition"
Faits Divers
La maison du couple à Ramonchamp (Vosges), théâtre du crime commis en septembre 2014. (PHOTO: GOOGLE STREET VIEW/ LORACTU)

La Cour d'assises d'Epinal dans les Vosges se penche dès aujourd'hui et ce jusqu'à vendredi sur le sort d'un homme accusé du meurtre de sa compagne et mère de ses enfants. Le prévenu avait poignardé sa compagne lors d'une dispute avant de découper son corps et l'enterrer dans la cave de la maison du couple. Surtout, il avait fait croire à une disparition inquiétante, mobilisant pendant des semaines les gendarmes et la population. 

En septembre 2014, lors d’une nuit cauchemardesque, cet homme de 44 ans a poignardé sa compagne à mort avant de lui découper ses jambes et de l’enterrer dans la cave. Il avait ensuite fait croire à une disparition inquiétante de la victime. Pendant un mois, les gendarmes l’ont activement recherchée avant de procéder à l’interpellation de Daniel R. La mère de famille n’avait pas disparu dans la nature mais avait bien été victime d’un homicide volontaire.

Lætitia Delecluse avait disparu de son domicile au début du mois de septembre sans laisser de traces. La mère de famille qui a eu deux enfants avec son compagnon ne s'était pas présentée à son travail, une maison de retraite de la région. «Il n'y avait aucune raison crédible à sa disparition. Nous avons écarté la thèse de la fugue précipitée, de l'enlèvement ou du suicide» avait dit le procureur. à l'époque D'ailleurs, le compagnon avait d'abord expliqué aux enquêteurs que sa compagne était rentrée de son travail pendant la nuit alors qu'il dormait et qu'elle avait «pu se faire enlever lors de son retour» avait expliqué le Procureur de la République d’Epinal.

Hier, lors de la reconstitution de cette nuit de l’horreur, le suspect avait été forcé au souvenir de cette nuit de l'horreur.  Il a dû, sur les lieux de cette macabre fin de vie, décrire ce qui s’est passé dans la nuit du 3 au 4 septembre 2014 D’après sa version des faits, une dispute violente éclate entre lui et sa compagne. D’abord les mots puis les gestes. Les échanges portent sur l’éducation de leurs deux filles de 7 et 9 ans. Selon sa version des faits, Laëtitia aurait pris un couteau pour tenter de planter son compagnon. En la désarmant, il poignarde la mère de ses enfants en plein ventre et près des poumons. Elle décèdera rapidement. Il traîne ensuite son corps jusqu’à la cave et décide «dans la panique totale» d’y creuser une tombe sauvage. Il  enterre alors la victime sous 30 centimètres de terre et de ciment. Le corps étant trop grand, il va entreprendre – alors que ses deux filles dorment à l’étage – de couper les jambes de Laëtitia en quatre à l’aide d’un couteau et d’une scie.

L’instruction ouverte par un juge à Epinal porte sur un «homicide volontaire» et non un «assassinat», permettant d’affirmer que le meurtre était prémédité. Les jurés de la Cour d'assises devront comprendre les motivations du meurtrier présumé. Selon ses auditions, il aurait affirmé avoir poignardé Laëtitia de manière accidentelle alors que certains éléments matériels montraient qu’il y a eu une organisation avant et après sa mort.

- Flou sur une possible préparation du meurtre -

D’après une source proche de l’enquête, il avait envisagé plusieurs scénarios pour maquiller l’homicide qu’il s’apprêtait à commettre. Selon nos informations, l’un des enfants avait «ingéré accidentellement des médicaments avant la disparition de la mère de famille, visiblement pour préparer à maquiller le meurtre».

Le couple, qui habitait une maison ouvrière, connaissait des difficultés financières. Il avait été signalé quelques jours avant la disparition, lorsqu'une de leurs filles avait accidentellement ingéré des anxiolytiques avec lesquels se soignait son père. «Il est très probable qu'il ait voulu pré-constituer des preuves contre sa compagne dans le cadre de la séparation et de la future garde des enfants», avait estimé le procureur d’Epinal  Le compagnon aurait appris la veille de sa «disparition déguisée» que sa compagne avait souscrit un bail et qu’elle projetait de quitter le domicile qu’ils partageaient dans ce village situé près de Remiremont (Vosges).

Le suspect avait également induit en erreur les enquêteurs qui croyaient d’abord à une vraie disparition. Il a également écrit de faux SMS entre le portable de sa compagne et le sien. Les enquêteurs avaient retrouvé le téléphone du suspect ainsi que celui de la victime dans la maison qu'ils occupaient et dans la voiture de la disparue. «La mémoire des deux téléphones a été effacée au même moment» selon Etienne Manteaux.

Le prévenu risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict de la Cour d'assises d'Epinal est attendu vendredi. 

 

Suggérer une correction
Top Actu
79 000 €
Moyeuvre-Grande - 116 m²
Appartement Moyeuvre-Grande
450 €
Amnéville - 65 m²
Appartement Amnéville
avec Logo Immoregion.fr
Suivez LORACTU.fr
télécharger notre extension