| 20/01/2011 |
Thomas Scuderi est notre invité exceptionnel.
Crédits photo : Morgan Bietry/LOR'Actu.fr
Parlez-nous un peu de votre parcours. Comment êtes-vous arrivé en politique ?
J’ai grandi en Moselle à Marspich , pas très loin de Hayange. J’ai eu une éducation plutôt stricte dans une famille modeste. Mes deux parents sont ouvriers. J’ai toujours eu une attirance particulière pour le théâtre puis la danse. Depuis que je suis tout petit. Mon village n’avait d’ailleurs aucun équipement culturel… Mais j’ai eu un parcours forcé. Ma mère et mon père m’ont orienté vers des études de comptabilité. J’ai eu beaucoup de mal à m’y mettre, j’ai trouvé ça très lourd et pas passionnant. Au collège j’étais le clown de la classe, et au lycée c’était plutôt la fête…
Quand on m’a orienté vers une filière technique pour que je suive des études orientées vers la gestion et la comptabilité malgré le peu d’intérêt que je portais à la matière j’étais plutôt bon. J’ai même toujours eu cet objectif d’aider les autres qui étaient en difficulté. C’est déjà un avant-goût de mon engagement en politique !
Vos études ne se sont pas toujours déroulées dans votre village, à quel âge avez-vous découvert la ville de Metz ?
Très tard ! J’ai vraiment découvert Metz dès l’âge de 18 ans. Je connaissais la ville grâce à mes parents qui s’y rendaient de temps en temps pour faire les magasins, mais il s’agissait de quelques aller-retour dans l’année. C’est donc pour y faire mon DUT de comptabilité que j’ai eu le bonheur de prendre le temps de parcourir la ville. J’étais tel un touriste, les yeux grands ouverts.
Vous avez l’air très attaché à cette ville…. Qu’est-ce qui vous séduit à Metz ?
Sa richesse architecturale avant tout. Imaginez passer du Moyen-Âge, à la Renaissance ou encore à la période contemporaine avec le Centre Pompidou-Metz. Quand on se balade dans la ville on fait un véritable voyage historique… Ce fut une découverte intense. Je suis un amoureux inconditionnel de la ville.
Finalement comment se sont terminées ces études ?
Cela a très mal fini. J’ai laissé tomber avant de passer mon diplôme. Mes parents étaient très déçus de cette décision et m’ont incité à continuer. J’ai finalement écouté leurs conseils. Néanmoins je n’ai pas obtenu mon diplôme.
« L’envie de me mettre au service de ceux qui étaient sur scène »
Vous n’avez donc pas obtenu votre diplôme de comptabilité, quelle a été votre alternative ?
J’ai intégré une compagnie de théâtre à Ban Saint Martin (l’IRTS de Lorraine). Je suis revenu à ma passion d’enfance. J’avais alors 19 ans. Mes parents ne pensaient pas que l'on pouvait vivre d’un métier artistique. J’ai toujours essayé de leur prouver le contraire. J’ai pris des cours de théâtre et de danse. J’ai même du préparer un énorme spectacle en deux mois, c’est très éprouvant physiquement. On découvre des muscles cachés ! (rires).
Qu’avez-vous fait au sein de cette compagnie de théâtre ?
J’y suis resté 7 ans. J’ai été très actif dans les spectacles mais on m’a vite demandé de devenir médiateur culturel. Plus simplement j’étais en charge de la communication des spectacles. Mon objectif ? Remplir des salles et faire connaître des compagnies de théâtre qui n’ont pas les moyens pour leur promotion. Je me suis vite rendu compte que ces associations n’avaient aucune connaissance dans la communication. Il fallait donc leur donner une certaine visibilité. Je me suis également occupé de la programmation de compagnies étudiantes. J’ai géré ça avec du culot et de l’envie ! Ce rôle m’a tout de même permis d’effacer une certaine timidité.
C’est donc ça qui vous a conduit à créer votre propre agence de communication ?
Tout-à-fait. J’ai décidé de créer Cultures & Communications dans cet objectif. Offrir des outils, des conseils et une visibilité aux associations n’ayant pas les moyens de faire appel à de grandes agences qui demandent des budgets très importants. J’ai passé 1 an à temps plein pour développer ce projet, aujourd’hui l’agence existe depuis plus de 5 ans. Après avoir passé mon temps sur scène dans plus de 30 opéras et ballets il était temps de me consacrer au coulisses des spectacles et de mettre ma motivation au service des artistes.
Vous êtes maintenant engagé en politique. Après le théâtre, la communication vous voilà bien installé dans l’équipe de Dominique Gros (maire de Metz, PS) en tant qu’adjoint à la Jeunesse, à la Vie associative et à l’animation de la Jeunesse, comment en êtes-vous arrivé là ?
La politique m’a toujours intéressé depuis le plus jeune âge. Je suis issu de la génération Mitterrand, c’est un véritable symbole pour moi et pour toute la gauche. J’ai toujours eu le cœur à gauche. Je fut très engagé au niveau national (CDJ/CNJ, Secrétaire national des conseils de la Jeunesse), c’est çà réellement qui m’a donné envie de m’engager politiquement. Après mes engagements nationaux je n’imaginais pas retomber dans une citoyenneté passive et que j’ai alors passé le cap et pris ma carte au PS. Dans un premier temps j’étais l’attaché de presse de Dominique Gros alors candidat aux municipales de 2008. Il a gagné son fauteuil de maire. Une première dans l’histoire de la ville pour un élu de gauche. Il me propose ensuite d’être adjoint à la Jeunesse et aux Sports, j’ai refusé car pour moi le sport et la jeunesse doivent être séparés. Il m’a ensuite offert la place d’adjoint à la Jeunesse et à la Vie associative. J’ai de suite accepté le challenge.











