| 20/08/2013 16:42 |
Une vidéo amateur postée sur Youtube fait polémique. Une interpellation de police musclée fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. Gaz lacrymogène, coups de matraques, injures…
La vidéo aurait pu passer inaperçu mais c’est sans compter sur les réseaux sociaux que la polémique a gonflé. La vidéo d’une interpellation à Joué-lès-Tours fait réagir la France entière. Dans cette vidéo déjà vue par plus de 900 000 internautes en moins de deux jours ; on peut y voir une altercation entre une femme et plusieurs policiers.
D'une durée de huit minutes et prise depuis la fenêtre d’un immeuble, cette vidéo intitulée "Honte à la police française' occulte le début de l'interpellation. Selon le quotidien La Nouvelle République, les policiers ont été interpellés par les zigzags d'un véhicule comptant à bord pas moins de sept passagers. Sauf que le conducteur aurait refusé de se soumettre au contrôle d'alcoolémie. L'un des passagères se serait montrée très agacée et aurait alors aurait essayé de voler la radio portable du policier, qui tentait de contacter des renforts. Cette même passagère aurait également mordu les gardiens de la paix.
«On va l'emmener, elle… »
Les policiers ont ensuite employé les grands moyens pour tenter d’interpeller deux femmes présentes dans la voiture. Particulièrement agitées, elles se sont fait maîtriser à l’aide de coups portés par des matraques. Plusieurs gaz lacrymogènes ont également été utilisés par les forces de l’ordre. Dans cette même vidéo, un policier dit à son collègue. «On va l'emmener, elle. Elle m'a mordu cette salope ! Toujours les mêmes. Ils cassent les couilles ! Allez monte là-dedans toi connasse. Vas-y ferme ta gueule ! Tu casses les couilles. Putain si je pouvais…» dit-il en faisant monter les deux interpellées dans l’une des nombreuses voitures de police présente.
La violence de l’interpellation a suscité des dizaines de milliers de commentaires sur Facebook, Twitter et Youtube. Devant la polémique, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls s’est senti obliger d’intervenir ce mardi matin sur l’antenne de BFMTV. «Il faut toute la vérité et toute la transparence. Je n'accepte pas les mots 'Honte à la police française'. Il n'y a pas de place dans la police pour de la violence ou pour des propos qui n'auraient rien à voir avec l'idée que l'on se fait d'une police républicaine»selon Manuel Valls. «La police doit être irréprochable, l'immense majorité des policiers font un travail difficile et remarquable» a dit le ministre sur l’antenne de RMC et BFMTV.
«La violence envers les policier augmente»
Cette polémique relance le débat sur les conditions d’interpellation mais aussi sur le travail difficile de la police sur le terrain. «La vidéo peut être choquante quand on ne connaît pas le contexte», a déclaré Gaëlle James, de Synergie Officiers, le deuxième syndicat d'officiers de la police nationale. «Il a dû intervenir dans des conditions très difficiles. Il ne faut pas oublier que les violences envers les policiers augmentent» a affirmé le syndicat évoquant le policier mis en cause.
La police des polices (l’IGPN) a ouvert une enquête pour faire la lumière sur cette affaire qui éclabousse la police Française. La justice est également saisie. Le Parquet de Tours a ouvert une enquête préliminaire.
L'auteur de la vidéo, prénommé Sélim, a expliqué sur France 3 avoir décidé de diffuser la scène sur internet en constatant que l'intervention des policiers allait trop loin. «Il y a un coup qui est passé à côté de la tête de la dame. S'il l'avait touchée, on ne sait pas ce qui se serait passé. C'était beaucoup trop pour rien» a-t-il conclut.







