| 12/09/2012 |
Ils ont choisi un secteur d’activité porteur, fait volteface à la crise, aux réticences des uns ou des autres et ont fait preuve de culot. Malgré un contexte économique peu favorable, l’entreprenariat est possible. Preuve en est avec quatre patrons lorrains. Rencontres.
Benjamin Rieger, gérant d’un restaurant à Nancy : « savoir tout faire dans son entreprise »
A taille humaine, telle est la dimension donnée à l’entreprise de Benjamin Rieger. Le jeune chef d’entreprise a fait le pari de l’évènementiel et du conseil aux restaurateurs et hôteliers. Normal, l’industrie du tourisme n’a jamais été autant mise en lumière en Lorraine. Il est passé l’Elysée ou encore du dernier Préfet de Lorraine, le jeune entrepreneur pas encore la trentaine a la bougeotte. De Paris à Munich, Benjamin originaire de Saint-Avold « tient à savoir tout faire dans son entreprise. De la cuisine à la comptabilité ou la communication »
Finalement cet été, Benjamin a décidé de s’associer avec un ami. Ils ont l’opportunité de racheter un restaurant à Nancy, La Kart à l’intérieur du karting Oberlin. Depuis le 28 juillet, l’objectif est de servir jusqu’à 80 couverts par jour et réaliser 500 000 euros de chiffres d’affaires dès l’année prochaine. « J’ai deux salariés à temps plein, trois apprentis et un jeune en contrat pro pour BR group » se réjouit-il. Comme quoi, créer de l’emploi c’est encore possible…
Il a toujours voulu se tailler un costume de chef d’entreprises. « J’étais plus leader que suiveur, j’ai aimé prendre des responsabilités à l’école » se rappelle Benjamin. Pourtant pas de grande école de commerce mais un lycée hôtelier « pour être plus concret » selon lui. Cet hyperactif espère donc bien imprimer son concept de restaurant « où tout est fait maison » Il souhaite faire saliver les clients du karting hébergé sous le même toit. Il voit déjà plus grand : s’agrandir à Metz et développer son offre de restaurants. Rien que ça…
Gilles Risser, patron de MooviJob.com : du journal à l’emploi facile en ligne
Le web il y croyait très tôt. Ce spécialiste de la pub dans les domaines de l’emploi ou de la formation voulait impulser un projet de site internet de petites annonces au Républicain Lorrain. Personne n’a voulu le suivre sauf un. « J’ai finalement lâché le journal après sa vente au Crédit Mutuel et j’ai lancé mon projet seul. J’en ai parlé à Mathieu Puhl, l’ancien propriétaire du RL et il a investi dans ce qui est aujourd’hui MooviJob » se réjouit Gilles Risser aujourd’hui installé à Luxembourg.
Cet ancien de Publicis lance le site d’emploi en juin 2007 avec une ambition : influencer le marché des petites annonces dans le Grand-Est. Cinq ans plus tard, le pari semble gagnant. Avec 700 000 euros de CA la première année, la start-up web affiche aujourd’hui une belle croissance en dépassant le million en 2011. En 2012, le site Internet dégagera un bénéfice pour la première fois table Gilles. Avec un investissement initial de 500 000 euros, la société est aujourd’hui largement présente sur le marché : annonces en ligne, salons, évènements de recrutement… les plus grandes sociétés s’arrachent ses services. En 2013 l’objectif affiché est de transformer MooviJob en réseau social de l’emploi. D’ici 2014, le site web devrait pousser les murs en Allemagne, Belgique et Suisse. De quoi faire grossir les 160 000 visiteurs mensuels, 60 000 profils en ligne et 7 200 offres d’emploi en accès gratuit.
Geoffrey Schutz, « vendre des cours à domicile plutôt qu’enseigner »
A 27 ans, il ne s’imaginait pas commercial. Pourtant cet ancien prof d’EPS a préféré vendre des cours à domicile plutôt que de les appliquer devant ses élèves. Avec son frère il a lancé en août 2010 « StuDom», une société de soutien scolaire à domicile basée à Metz. « Je suis issus du milieu éducatif. J’ai un BAC S puis j’ai fait des études de professeur de sports. J’ai enseigné un an en primaire… » raconte Geoffrey. Finalement il lâche tout et se lance dans les affaires…
Avec son frère ils se partagent les tâches et responsabilités. Petit capital mais grosse ambition. Il y a deux ans, ils mettent 5 000 euros sur la table et montent leur petite boîte. La première année la petite société familiale réalise 35 000 euros de CA. Le chiffre de 65 000 € est prévu en 2012 et « au moins 100 000 euros l’année prochaine » note l’ex instituteur. Il arrive même à se verser un modeste salaire, pas plus de 1 000 euros par mois. « Loin de l’image des grands patrons. On ne compte pas nos heures » clame Geoffrey.
Aujourd’hui l’entreprise fait travailler 40 professeurs du CP à l’Université. « On propose des services proches des gens ». Celui qui a travaillé pour un grand concurrent national en a profité pour noter chaque point faible. « On a un suivi complet de l’élève. Par exemple avant chaque signature de contrat on rencontre l’enfant afin de bien le cerner ». Un critère non appliqué par la concurrence. Et toc. Objectif affiché : s’étendre sur le Grand-Est et viser le marché luxembourgeois plus « mature » avec des dépenses liées à l’éducation plus élevées.
A 17 ans, Benjamin imaginait déjà monter sa boîte de sponsoring sportif
C’est finalement à l’âge de 18 ans que ce prodige des affaires lance sa propre société. Plutôt osé. Pourtant le jeune homme originaire de la banlieue de Nancy n’est pas né calculatrice et contrats en main. Ses parents sont plutôt fonctionnaires, lui, préfère diriger.
Après un parcours scolaire studieux, il intègre l’ICN, école spécialisée dans la formation commerciale. Dès 2009 en parallèle de ses études, il décide de se lancer. Passionné de sports et notamment de basket, Benjamin va intégrer l’idée que « les petits clubs ont besoin de sponsors locaux ». Bingo, il trouve le filon impulsé par papa qui cherchait déjà à l’époque des sponsors que fiston entraînait. Naît alors « Sport Lorraine Promotion ».
Seul dans le navire, il toc aux portes de clubs professionnels de la région. Basket, hand ou encore volley sont ses cibles favorites. « Quand on a 17 ans on est un peu impressionné mais on apprend vite de ses erreurs. On écoute beaucoup. Je me souviens qu’à mes premiers rendez-vous j’y allais en bus puis j’ai passé mon permis » rappelle avec humilité Benjamin. Aujourd’hui le très jeune capitaine est plus assuré, assure être un VRP rodé et profite de sa facilité relationnelle. Sa brochure est toujours cachée dans un coin prête à être dégainée lors d’un match de basket ou de volley. Il conseille désormais le club de basket de Ludres, la Ligue Lorraine de Handball, de basket-ball ou encore de volley. « Je travaille aussi bien avec des fast-food que des opticiens ou encore des restaurateurs ». Ces entreprises font confiance à Benjamin pour sponsoriser des clubs locaux en échange de publicité.
Après trois ans d’activité, l’apprenti chef d’entreprise réalise environ 10 000 euros de CA. Pas mal pour une acticité à peine à mi-temps. Mais il ne veut pas s’arrêter là. Après ses études (encore 2 ans) il souhaite faire fructifier son business et « pourquoi pas monter d’autres sociétés ». Le ton est donné…
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