| 22/04/2011 |
Crédits photo : Florie Colarelli
Une fois n’est pas coutume, l’heure est à l’écologie. Il faut dire que les animaux du Zoo d’Amnéville, quels qu’ils soient, sont les premiers concernés des actions de l’Homme. Preuve en est, le petit cours de respect de la nature que nous donne Gipsy, l’une des otaries de la Baie des Lions de Mer, lors de son spectacle. Démontrant que l’Homme et sa pollution sont les plus grands dangers pour elle et ses congénères, elle récupère docilement dans sa gueule une bouteille en plastique et s’en va la jeter à la poubelle. Le geste est donc simple et symbolique. Même un animal peut le faire.
Bien sûr, ce petit aparté écologique n’est qu’une des nombreuses animations proposées lors du spectacle de la Baie des Lions de Mer.
Du haut de ses 17 ans, Magellan, le doyen de la baie, règne en maître sur les 7 autres otaries de Californie et de Patagonie, dont le tout dernier, Neo, a vu le jour en juillet 2010. Autour d’eux, 5 personnes s’activent pour prendre soin d’eux, les chouchouter et les dresser. « Le dressage est d’abord utile pour le medical training », explique Alexandre Le Blanc, soigneur animalier et dresseur. A comprendre, l’entraînement et mobilisation afin de prodiguer les soins médicaux de la manière la plus douce possible et avec une coopération quasi-totale de l’animal. Pour le reste, « le jeu est la base essentielle », résume-t-il non sans un certain amusement. Il faut dire que les otaries sont des animaux très joueurs. Pourtant, Alexandre Le Blanc insiste bien : « l’otarie reste un animal sauvage ! ». Ainsi, si entre elle et ses dresseurs, une certaine complicité peut s’installer, il ne s’agira en aucun cas de liens « sentimentaux » tels que ceux que l’on pourrait développer avec son chat ou son chien. « On ne domine pas l’otarie, nous ne sommes pas leurs maîtres ».
Crédits photo : Florie Colarelli - LOR'Actu
Si les otaries du zoo se reconnaissent à l’évocation de leurs noms, leur travail avec les humains reste un système de récompenses qu’elles ont eu vite fait de bien intégrer. « Si je travaille bien, j’aurais une récompense. Et cela, quelque soit le dresseur qui s’occupera de moi », déclare Alexandre, en personnifiant l’animal. Après, tout est histoire de feeling. Il est évident que, parfois, le courant passe mieux entre un certain dresseur et une certaine otarie. C’est en partie pour cela que les temps d’apprentissages varient selon les individus. « Tout entre en ligne de compte : le dresseur, les capacités de l’animal et surtout, son caractère ! Pour Watson, jeune mâle de 9 ans (et 360 kg !), une semaine peut suffire », assure le dresseur.
Toutes les otaries du parc travaillent en spectacle et le dressage débute dès qu’elles sont sevrées. La première chose à développer étant le contact avec l’Homme, qui n’est pas inné pour l'otarie. Pourtant, on serait tenté de croire le contraire à en juger par le comportement d’Inouq lors du spectacle à la fin duquel, elle décide de taquiner un peu sa camarade Luna sagement assise à côté d’Alexandre. A l’évocation de la scène, le dresseur rigole. « Inouq aime avoir l’exclusivité. Quelque soit le dresseur avec lequel elle travaille, il faut qu’il ou elle ne fasse attention qu’à elle. S’il y a d’autres otaries, elle essaye de les chasser. » Quelle est la solution dans ces cas-là ? « En entraînement, je laisse tout tomber et je les laisse régler le problème, sans récompenses. En spectacle, je ne peux pas. Du coup, je l’ai fait rester sous l’eau jusqu’à ce qu’elle se calme tout en rassurant Luna. » Au bout de quelques secondes, Inouq se calme et remonte sur le rocher pour saluer le public.
Phoque et Otarie : qui est qui ?
Alexandre Le Blanc, soigneur animalier et dresseur, est l’une des 5 personnes qui s’occupent tout particulièrement des otaries du Zoo d’Amnéville. Il explique rapidement comment différencier un phoque d’une otarie, deux espèces cousines mais pourtant bien distinctes.
A première vue, si vous apercevez ces animaux au loin, le meilleur moyen de savoir s’il s’agit de l’une ou l’autre des espèces, est de regarder leurs oreilles. En effet, l’otarie affichera une petite membrane extérieure tandis que le phoque lui, n’a que deux petits trous.
Deuxième différence, les nageoires. L’otarie a une nageoire avant, tandis que le phoque utilise une nageoire arrière. A première vue obsolète, ce détail change tout car, placée à l’avant, les nageoires permettront aux otaries de se mouvoir aussi bien dans l’eau, où elles tiennent au moins 15 minutes en plongée, que sur le sol. Grâce à cette nageoire, Jun et ses amis de la Baie des Lions de Mer peut marcher, sauter, escalader, monter et descendre les escaliers, ainsi que nous faire « coucou » lors des spectacles. Autant de choses qui ne sont pas possibles pour le phoque qui rampe plus qu’il ne marche.
Cette opposition est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a pas de phoques au Zoo d’Amnéville. « Nos installations sont en escaliers et en montées. Les phoques ne pourraient donc pas accéder au bassin » explique Alexandre Le Blanc.










