| 21/01/2011 |
Martine Aubry est la candidate naturelle pour faire gagner le PS en 2012 pour Thomas Scuderi.
Crédits photo : SIPA
Aujourd’hui Thomas Scuderi est notre invité exceptionnel. L’adjoint au maire de Metz (PS) nous livre son bilan politique à Metz. Mais l’élu évoque aussi les derniers faits politique : réforme des retraites, primaires au PS, fiscalité, Envie d’Agir, Metz Plage ou encore le festival Nomade In Metz.
« J’ai failli quitter le Parti Socialiste »
Vous avez évoqué votre admiration pour Mitterrand, on a dernièrement fêté l’anniversaire de sa mort. Toute la gauche s’est réunie pour lui rendre un hommage… les caméras étaient là aussi… Votre avis ?
Oui c’est un symbole de la gauche pour moi. J’ai vraiment une âme de socialiste. Et j’ai été très très choqué par l’instrumentalisation de l’anniversaire de la mort de Mitterrand. Ce genre de réactions donne vraiment envie de quitter le parti ! J’ai d’ailleurs failli quitter le Parti Socialiste juste après le dernier congrès. Cet hommage en tout cas fut plus une course à la présidentielle.
Pourquoi vous n’avez pas quitté le PS finalement ?
Bertrand Delanoë, le maire de Paris a été un véritable soutien. Il m’a convaincu de rester au parti. C’est un véritable exemple pour moi. C’est un homme politique intègre, droit dans ses bottes et totalement engagé dans le parti. Il n’est pas investi dans une bataille de l’égo. Il s’oublie pour réussir à faire briller les idées du PS. J’ai un immense respect pour lui.
La gauche compte bien remporter la bataille en 2012 mais elle est déjà divisée. Croyez-vous qu’elle gagnera ?
J’ai été optimiste pendant un moment. Mais je suis de plus en plus inquiet. Il faut que la gauche arrête les batailles internes et se concentre sur son objectif principal : défendre l’intérêt des français. Il faut proposer un discours cohérent. J’espère vraiment qu’elle gagnera en 2012 et battra cette droite de Sarkozy qui est violente et pleine de préjugés. La gauche est peut-être en danger en 2012 mais je compte sur sa dirigeante pour remettre les choses en ordre.
Quel est le candidat idéal pour faire gagner la gauche en 2012 ?
Je pense que c’est Martine Aubry la plus légitime pour représenter le PS et faire gagner la gauche. Il serait vraiment temps que la droite s’en aille. Ségolène Royal n’est pas la bonne candidate. Elle a un véritable soucis de crédibilité. C’était aussi le cas en 2007. On a trop écouté les sondages et on a finalement échoué. J’étais charmé par la candidate, j’ai même voté pour elle, mais par soucis d’appartenance au parti. C’est pareil pour Valls ou Montebourg. Le premier est plus concentré sur son ego, le deuxième c’est surtout la « force du lion ». Il formait d’ailleurs un duo intéressant avec Vincent Peillon. Mais il est n’est pas prêt pour faire gagner la gauche en 2012.
Et DSK ?
Peut-être que l’opinion le considère trop à droite, même si être à la tête du FMI en sauvant des pays au bord de la faillite ce n’est pas avoir une orientation politique de droite. Il est en tête dans les sondages mais on a trop écouté les sondages en 2007, et voyez où ça nous a conduit…
Quel bilan pouvez-vous porter sur le pouvoir Sarkozy ?
C’est clairement une politique de la violence. Nicolas Sarkozy a abattu le rôle de chef de l’Etat. Par exemple le bouclier fiscal est une véritable insulte à la démocratie. La polémique sur les roms n’en parlons pas. De quel droit peut-il stigmatiser une population ? Les polémiques qu’il a créées sont scandaleuses. Quand on est élu président de la république on ne va pas en vacances sur le yacht d’un ami milliardaire….
La réforme des retraites… ?
Qu’on s’occupe d’abord de donner de l’emploi aux jeunes au chômage. La réforme portée par Sarkozy et Woerth est injuste pour les français. La réforme n’a pas assez creusé la question de la pénibilité. Certains métiers sont très éprouvants. Et puis surtout pourquoi faire travailler les français plus longtemps alors que les séniors sont écartés du marché de l’emploi ? En donnant du travail à tous on aurait sans soucis financé le système des retraites…
… mais aussi l’affaire Bettencourt ?
Un ministre qui est acheté par une milliardaire… et comme par hasard cet homme politique entretien des liens très étroits avec la femme la plus riche de France alors qu’il était ministre du Budget ! Quelle coïncidence…
« La bataille Envie d’Agir continue »
Avec une poignée d’élus vous avez réussi à sauver le programme Envie d’Agir (bourse qui permet à des jeunes porteurs de projets de bénéficier d’une aide de l’Etat) qui devait disparaître. La bataille est-elle gagnée ?
J’ai en effet réussi le pari de sauver le programme Envie d’Agir. Et je suis heureux d’avoir réuni des élus de gauche comme de droite. Il faut braver et oublier la couleur politique pour ce type de combats. La bataille n’est pas totalement gagnée. Le gouvernement s’est en effet engagé à conserver le programme mais aucun budget précis n’a été établi. Cela m’inquiète. D’ailleurs dernièrement une journaliste m’a confié que dans le Rhône le programme n’était déjà plus assuré. Luc Châtel s’est engagé devant le Sénat, François Fillon a répondu à mon courrier, Nicolas Sarkozy est resté muet. Pour information la Ville de Metz met en place une enveloppe de 30 000 euros pour Envie d’Agir.
Quel est le budget consacré à la Jeunesse à Metz aujourd’hui ?
2,5 M d’euros par an. Les actions socio-éducatives et le budget de fonctionnement des centres sociaux représente déjà 2 millions d’euros. 20 associations actuellement gèrent ces centres, on pourrait bientôt les porter à 22. Le reste du budget soit 500 000 euros est consacré au financement des associations et de leurs événements…
C’est suffisant ?
Idéalement il nous faudrait un budget compris entre 3 et 4 millions d’euros. Il faut vraiment encourager l’éducation populaire. C’est-à-dire favoriser les arts de rues, la musique urbaine, le sport… qui sont des vecteurs d’éducation. C’est donc un budget d’au moins 1 Million d’euros qu’il faudrait dégager pour les événements autour des « énergies urbaines ».
Autre dossier que vous gérez : Metz Plage. Qu’en est-il pour l’édition 2011 ?
Nous sommes en train de la préparer. Depuis 2 mois on se penche sur le dossier et c’est encore 6 mois de travail qui nous attend. On a déjà réussi le pari de développer la surface (X3), la durée (X2). En 2011 on sera aussi sur un budget proche des 300 000 euros. Notre scénographe sera toujours de la partie afin de développer une ambiance et un thème proche des pays chauds. Ce lundi je devrais présenter la nouvelle édition aux élus et au maire. On réfléchit à une semaine d’ouverture en plus et on prépare une grande surprise de clôture. Enfin on amènera aussi de la culture sur le sable fin.
Neige, fiscalité, Nomade In Metz, Dominique Gros, Mettis : les dossiers chauds à Metz.
Le mois de décembre a été exceptionnel à cause de la neige, la ville a-t-elle été dépassée ?
Je comprends totalement les préoccupations des messins. Mais il faut savoir que les équipes bossaient tous les jours non-stop dès 3h du matin pour dégager les voieries. Mais les équipement sont très coûteux. Pour acheter une machine c’est 1 point d’imposition en plus. Alors les messins sont-ils prêt à payer plus d’impôts pour avoir des routes déneigées en décembre alors qu’il a toujours neigé en hiver ! Mais il faut un vrai débat.
Justement les impôts vont augmenter à Metz-Métropole…
Vous croyez que ça fait plaisir à Jean-Luc Bohl (UMP) et à Dominique Gros (PS) d’augmenter les impôts ? Nicolas Sarkozy a souhaité supprimer la taxe professionnelle, ça fait donc un manque à gagner de 7 millions d’euros pour l’agglomération. Et puis la ville a des projets importants qui demandent des investissements conséquents. Le centre des Congrès, le fonctionnement de Pompidou...
Dominique Gros va-t-il se représenter aux prochaines municipales ?
Dominique Gros se représentera surement. Il aime son mandat, il aime sa ville. Et ça c’est très important. Je pense et j’espère qu’il fera un deuxième mandat, même si je pense qu’il ne briguera que deux mandats si les Messins le suivent. Dominique a bataillé pour faire gagner la gauche à Metz : le pari est réussi.
Dernier dossier d’actualité. Le Festival Nomade In Metz. D’après Daniel Invanova, présidente de l’association qui nous a accordé une interview, le festival est en danger si la Ville de Metz n’augmente pas sa subvention. Antoine Fonté, adjoint à la Culture a refusé. Vous qui avez soutenu le festival, quel est votre avis ?
Le festival a un budget plutôt conséquent pour un nouvel événement. Il faut que la présidente comprenne qu’elle n’est pas là pour donner des ordres aux élus de la ville. Je l’ai trouvé irrespectueuse et démesurée. De plus qu’elle sache que la Ville de Metz a accordé une subvention à titre exceptionnel puisque l’association n’avait pas encore 1 an, ce qui doit être le cas pour obtenir un soutien financier. Ce festival n’est pas porté par la Ville de Metz mais uniquement soutenu par la municipalité. Si elle souhaite augmenter le budget du festival qu’elle se tourne aussi vers des partenaires privés.









