Sarkozy poursuit son virage à droite et donne des coups à Hollande

Metz - 03/11/2014 19h25
La Rédaction
Sarkozy poursuit son virage à droite et donne des coups à Hollande
Politique
Nicolas Sarkozy lors de son meeting pour la présidence de l'UMP à Nancy (Meurthe-et-Moselle, le lundi 3 novembre 2014. PHOTO : ARNAUD SCHERER/ LORACTU.fr
Le candidat à la présidence de l'UMP a donné des gages à la droite de son parti tout en continuant à distribuer des coups à l'encontre du gouvernement de François Hollande lors d'un (...)

Le candidat à la présidence de l’UMP a donné des gages à la droite de son parti tout en continuant à distribuer des coups à l’encontre du gouvernement de François Hollande lors d’un meeting à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ce lundi. Nicolas Sarkozy a notamment proposé l’ouverture d’un débat sur l’immigration. 

 

L’ex-chef de l’Etat a poursuivi une campagne très à droite à Nancy ce lundi aux côtés de Nadine Morano et Luc Châtel, qui dirige provisoirement l’UMP frappé en 2012 par une crise fratricide et l’affaire Bygmalion qui a mis à terre le parti. Nicolas Sarkozy qui a perdu en 2012 veut prendre sa revanche et ne s’en cache plus. «C’est une copie des campagnes de 2007 et de 2012. On peut mélanger les deux discours et recomposer celui de 2014» affirme un militant qui note que son champion «n’a pas changé». Mais, ajoute-t-il «c’est le meilleur parmi les siens». Un peu comme un choix par défaut.

 

Une autre, originaire de Metz a fait le déplacement dans la capitale voisine. «Je suis à fond derrière lui, il doit maintenant rassembler. Sa pause lui a permis de prendre du recul. Il est moins agressif qu’avant dans ses discours» se réjouit-t-elle. «Avec un FN aussi fort, pourquoi faudrait-il se priver de parler vrai, d’évoquer les sujets qui fâchent à gauche et qui font monter Marine Le Pen parce que c’est la seule qui assume ?» s’interroge un sympathisant qui affirme qu’il aurait été au Front National «si Nicolas Sarkozy avait abandonné la politique».

 

Nicolas Sarkozy a confirmé son intention «d’ouvrir un débat sur l’immigration» car la «machine à intégrer de la France est en panne». «La France continue d’accueillir des gens mais il n’est pas question qu’ils nous imposent de leur ressembler» a lancé l’ex-président de la République sous les applaudissements. Devant 1 200 militants et sympathisants environ, celui qu’on a accusé de «copier» Marine Le Pen durant sa campagne de 2012 a envoyé des gages à son électorat le plus dur. «Sur l’immigration, la situation est devenue ingérable, notre système d’intégration est bloqué». D’ailleurs, Sarkozy a répété vouloir mettre fin à l’Aide médicale d’Etat (AME) pour les étrangers. «C’est un scandale» a-t-il assuré. «Le gouvernement n’arrive plus à demander des contreparties aux personnes qui profitent de l’assistanat ou de l’AME» a lancé le candidat devant une salle clairement dans l’attente de ces sujets chers au FN.

 

«J’ai pu blesser par mes paroles»

 

PHOTO : ARNAUD SCHERER/LOR'Actu.fr

 

Le candidat à la présidence de l’UMP qui est déjà donné vainqueur a d’ailleurs dénoncé l’autorisation que souhaite donner la ministre de l’Education Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, aux mères voilées pendant les sorties scolaires. «Ce n’est pas la bonne solution que d’autoriser des mères voilées pendant les sorties avec l’école de leurs enfants» a lancé Nicolas Sarkozy à la tribune alors que l’ex-ministre de l’Education Nationale Luc Châtel à l’origine de cette circulaire était sur scène. Nicolas Sarkozy a assumé vouloir «récupérer» les électeurs qui se sont tournés vers Marine Le Pen ou François Hollande. «Vous n’avez pas envie de les récupérer pour que notre famille politique rassemble le plus possible ?» a-t-il lancé à la salle.

 

A une question de la salle sur la loi Taubira, Nicolas Sarkozy a répété sa volonté de réécrire la loi. «Je suis opposé à la GPA pour les couples homosexuels et hétérosexuels car le corps n’est pas une marchandise, l’enfant non plus» a confirmé l’ex-président dont les positions sur ce sujet sont à éclaircir selon ses détracteurs. «Je suis aussi opposé à la PMA pour les couples de femmes homosexuelles» a-t-il précisé, assurant que sur la question du mariage homosexuel, «il prendra une position après l’élection du président de l’UMP qui permettra un rassemblement de tous». NKM par exemple y est toujours favorable quand Laurent Wauquiez veut une abrogation. «Je regrette que l’on puisse parler d’un sujet aussi privé que la sexualité», rejetant la faute sur le gouvernement de François Hollande qui a «divisé» les Français sur cette question. «Je ne veux exclure personne de ma famille politique en raison de la sexualité» a-t-il promis à Nancy.

 

Sarkozy a également reconnu que sur «la forme» il  a pu «blesser des personnes» notamment sur les sujets relatifs «aux Roms ou à l’occasion du discours de Grenoble». Un meaculpa qu’il avait déjà entamé à l’occasion de son intervention télévisée sur France 2 pour officialiser son retour et sa candidature à la présidence de l’UMP. «Mais j’avais raison sur le fond» ajoute-t-il.

 

Hollande «n’aime ni les riches, ni les plus pauvres»

 

A Nancy, ses coups les plus violents sont réservés à François Hollande. «Dans ma famille politique je n’ai pas d’ennemis même s’ils peuvent être des concurrents. Je veux réaffirmer mon respect pour Bruno Le Maire et Hervé Mariton» assurant que s’il accède à la direction de l’UMP «il n’y aura qu’une seule ligne politique» car «lors des européennes l’UMP était inaudible». Par contre, François Hollande en a pris pour son grade. Alors qu’il «fête» cette semaine sa mi-mandat, il s’est vu attribuer les plus dures critiques.

«Je l’avais dit pendant la campagne, Hollande ment le matin, le midi mais je ne savais pas qu’il pouvait aussi le soir !» a ironisé Nicolas Sarkozy. «Hollande avait dit ne pas aimer les riches, mais il n’aime pas non plus les pauvres !» a-t-il par ailleurs lancé, avec le sourire. «Partout, le gouvernement récolte la violence, à Sievens, à Toulouse, à Nantes» a dénoncé l’ancien ministre de l’Intérieur. Nicolas Sarkozy a aussi envoyé un dernier coup à Marine Le Pen, assurant qu’elle «n’est pas d’extrême droite mais d’extrême gauche voulant apliquer le programme de Jean-Luc Mélenchon».

 

Sur le volet économique, Nicolas Sarkozy a confirmé son penchant libéral en répétant son souhait de supprimer le statut de l’emploi à vie des fonctionnaires non régaliens. «Il faut aussi mettre en place le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans les collectivités territoriales» a-t-il attaqué estimant que les «salariés du privés, les chefs d’entreprises et les professions libérales sont attaquées» par le gouvernement. 

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