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26/03/2011
Nancy /
Sorties
Guillaume Weitzel

Matthew Irons, Romain Descampes et Egil « Ziggy » Franzén forment Puggy. Trio cosmopolite, le groupe se produisait hier à l’Autre Canal de Nancy. Rencontre...

 

LOR’Actu : Pour commencer, pouvez-vous revenir sur votre rencontre ?

 

On s’est rencontrés à Bruxelles il y a de ça un petit moment maintenant, plus ou moins à l’époque du Bac en Belgique. En ce qui concerne Matthew, la rencontre s’est faite à Anvers, à l’école de musique. On a rapidement sympathisé et quelques jams plus tard, Puggy était né ! Chacun de nous avait déjà une petite expérience musicale, mais au-delà  de faire des reprises, on a voulu composer notre propre son, tout est allé assez vite.

 

LOR’Actu : Vous avez eu l’occasion d’effectuer la 1ère partie d’Incubus , comment en êtes-vous arrivez là ?

 

En fait, c’était un sacré coup de chance ! On venait de sortir notre premier album en 2007 et on était programmé sur un grand festival en Belgique qui s’appelle le Couleur Café. A l’époque, on était pas encore très connu et le festival nous avait mis à 12h sur la petite scène. Juste après notre passage, un incendie s’est déclaré et tout le festival a dû être évacué. Etant donné que c’était filmé, ils n’ont eu que nous à diffuser à la télévision.  Pendant ce temps, Incubus jouait au festival Werchter et nous ont vu sur une télévision de leur chambre d’hôtel… et ils ont adoré. Quelques temps plus tard, on a reçu un e-mail de leur part, disant qu’ils nous voulaient en première partie. Et voilà qu’on se retrouve avec 16 dates, à jouer devant plusieurs milliers de personnes. Un truc de fou !

 

LOR’Actu : Matthew, tu es anglais. Romain, français et Egil, suédois. Pourtant, la presse vous considère souvent comme issu de la scène belge à part entière. Comment expliquez-vous cela ?

 

C’est difficile à expliquer, disons que le groupe est belge, parce que le groupe est né ici et que nous vivons en Belgique. La constante dans ce pays, c’est la débrouille. Tous les groupes en Belgique ont cette notion de débrouillardise dans le sens où, c’est assez difficile de faire son album, il faut te débrouiller avec… rien. Il n’y a plus vraiment de labels indépendant en Belgique, et les seuls qu’il y a tentent de survivre tant bien que mal. On se considère comme un groupe belge, mais disons qu’il n’y a pas « un » mouvement de son propre à la Belgique. Girls in Hawaii, Ghinzu, et d’autres groupes, on a chacun notre son, assez différent.

 

LOR’Actu : Comment se passe la composition de vos chansons ?

 

On a pas vraiment de système pour composer, on ne fait pas partie de ces groupes qui ont une hiérarchie pour ça. C’est souvent très aléatoire, ça peut partir de tout et n’importe quoi, un jam par exemple, ou quelques riffs sortis pendant les balances d’un concert. A force, les morceaux se construisent, selon un certain temps. Cela peut prendre une heure, comme cela peut prendre des jours. Parfois, l’un de nous propose une musique quasiment déjà construite et on s’attaque alors à des arrangements ou quelques modifications. En tout cas, chaque morceau a une histoire et est le fruit d’un travail dont nous sommes très fiers !

 

LOR’Actu : Quel est votre avis sur l’industrie du disque en ce moment ?

 

Matthew : C’est assez étrange, j’ai souvent l’impression que lorsque l’on parle de l’industrie du disque, on parle d’une entité toute puissante, une espèce de dieu de la musique assis sur un trône quelque part et qui décide ce que les gens aiment ou n’aiment pas. En fait, personne ne peut prédire comment vont se dérouler les choses. Parfois des choses sortent sur internet et font un buzz immense alors que personne ne le sentait venir, et parfois on peut mettre une énergie de dingue et un marketing gigantesque sur quelque chose qui ne va vendre au final que quelques copies. Il y a énormément de schémas possible. Toujours est-il que plus le temps passe, plus les ventes vont vers le bas.

 

Romain : Il faut quand même dire qu’aujourd’hui, malgré tout cela, n’importe qui avec peu de moyens, peut sortir sa musique sur un support et la faire écouter au public. Maintenant, à n’importe quel endroit du globe, si tu as un ordinateur et internet, tu peux partager ta musique. Certes l'industrie du disque est en train de couler, mais d'autres facettes positives de cette industrie se développent.

 

LOR’Actu : Quel est, respectivement, votre dernier album acheté ?

 

Romain : Le dernier album des Strokes !

 

Matthew : Il me semble que c’est celui de Ratatat, ou l’album de Cascadeur, un artiste messin.

 

Egil : Le nouvel album de Radiohead, qui m’a déçu d’ailleurs. Et celui de Kaizers Orchestra, qui lui m’a énormément plu.

 

LOR’Actu : Envisagez-vous de vous exporter à travers l’Europe, voir même outre-Atlantique ?

 

On aimerait bien, c’est sûr. C’est l’ambition logique de n’importe quel groupe. Pour l’instant, on essaye de percer en Allemagne, et on a quelques plans pour le Canada aussi. L’Espagne et le Portugal nous plairaient beaucoup aussi. Disons que l’on est heureux d’aller n’importe où, du moment qu’il y a un public qui veut bien nous accueillir. Après, chacun de nous a son pays coup de cœur où il aimerait bien jouer, l’Australie ou le Japon par exemple, il parait que de tourner dans ces pays est quelque chose de fabuleux.

 

LOR’Actu : Après maintenant de nombreux concerts, vous avez une anecdote marquante ?

 

Il y en a une qui nous a tous marqué je pense. Lorsqu’on jouait en première partie d’Incubus, à Manchester si ma mémoire est bonne, le guitariste d’Incubus est venu se planquer derrière un de nos amplis. Au moment de retourner vers sa loge, un vigil énorme s’est rué sur lui, parce qu’il ne portait pas de badge et qu’il n’avait aucune idée de qui il s’agissait. Le pauvre a essayé tant bien que mal d’expliquer qu’il était musicien du groupe, mais rien à faire, c’est devenu en quelques instants un bordel monstre, une baston entre les vigils de la salle et la sécurité d’Incubus ! Pendant ce temps, on était sur scène juste à côté en train de jouer, c’était assez marrant (rires).

 

LOR’Actu : Les projets du groupe ?

 

Pour l’instant nous en sommes à notre deuxième album « Something You Might Like » qui est déjà sorti, et nous allons réediter le premier, « Dubois Died Today », pour diverses raisons. Ce n’est pas notre priorité, mais nous y tenons. Et nous sommes également déjà en train de travailler sur le prochain album, un peu de patience donc, Puggy ne fait que commencer (sourire).

 

Propos recueillis par Guillaume Weitzel

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