| 08/04/2013 |
Les anti-mariage et adoption pour les homosexuels représentés par le collectif de la Manif Pour Tous multiplient les actions coup de point dans les rues, à la télévision et sur les réseaux sociaux. Alex*, 23 ans, habite Nancy et vit très mal cette «haine permanente» de l’autre.
Le jeune homme est plutôt discret sur sa sexualité. Etudiant en lettres à Nancy, Alex suit de près la mobilisation des opposants au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe. «Je suis régulièrement les actualités en rapport, à la télévision, j’aime regarder les débats des deux camps. Mais depuis quelques semaines, nous ne sommes plus représentés dans ce débat, ça dérape». Honnêtement, l’étudiant souhaiterait que les mœurs homosexuelles soient désormais acceptées par le plus grand nombre. «Mais j’ai surtout l’impression que l’homophobie gagne du terrain. A la Fac, même avec des amis je n’ose plus m’étendre sur ce sujet du mariage gay de peur de créer des conflits trop violents, voire physiques» confie-t-il.
Selon lui, les opposants vont trop loin et n’hésitent plus désormais à pointer du doigt les homosexuels. De plus «certains groupes extrémistes vont en profiter. Le GUD de Nancy a appelé à tabasser les gays lors de prochaine gay pride !» s’exclame-t-il. Elle aura en effet lieu en juin à Metz. «A ce moment là le débat va être encore plus tendu puisque la loi sera en passe d’être adoptée» confirme Alex. «Le débat a largement duré à L’Assemblée, il va se poursuivre au Sénat puis va retourner à l’Assemblée. Pendant ce temps là, les homosexuels souffrent. On a l’impression que nous sommes la cause de tous les problèmes. Quand les manifestants scandent ‘’On ne veut pas de mariage gay mais du boulot’’, on a l’impression d’être pointé du doigt. Ce que nous demandons c’est d’avoir les mêmes droits que les autres.» Pour lui des milliers de personnes manifestent contre un droit supplémentaire et pas contre la suppression de droits».
«L’homophobie devient une agression du quotidien»
Alex attend aussi une plus grande fermeté du gouvernement. «Manuel Valls qui se bat contre les agressions du quotidien doit aussi se battre contre celles-ci. L’homophobie est devenue une agression du quotidien». L’étudiant se dit non engagé dans des associations LGBT mais l’envisage. «J’ai voté Nicolas Sarkozy, mais j’étais d’accord avec François Hollande sur la question du mariage. Ma seule attente désormais du président est de faire passer, même de force cette nouvelle loi». Côté foi, le jeune étudiant en lettre assure que «l’Eglise va encore trop loin». «Je ne suis pas pratiquant, mais j’ai eu une éducation chrétienne assez forte sans être trop poussée. Je suis tout de même croyant et je partage des valeurs avec l’Eglise, mais là ce n’est plus possible. J’ai l’impression que les grands piliers perdent leurs boussoles. Le gouvernement en s’engageant faiblement, les parlementaires de droite en dérapant trop souvent et les religions en appelant aussi à manifester».
Si Alex est si affecté par les dérapages de ce débat, c’est surtout le renvoi à son adolescence. «J’ai mis tellement de temps à le faire accepter à mes parents, à mes proches, à trouver un ami posément. En étant jeune, j’ai même pensé au suicide» affirme-t-il difficilement. «Les jeunes générations qui sont en plein de dedans, dans l’acceptation de leur sexualité ne doivent pas en venir à de telles idées, mais malheureusement avec ces débordements dans ce débat, on fait ressentir aux gays et notamment aux jeunes que la société ne veut pas d’eux. C’est grave» dit-il. En attendant, Alex continue de suivre le débat de très près et espère que la tension va s’apaiser. Mais il n’est pas dupe, en pleine crise économique, sociale, sociétale et morale, le mariage gay est «le parfait bouc émissaire». En effet dans un dernier sondage CSA pour BFMTV publié début avril, les Français sont 53% à être favorables au mariage gay (en recul) mais sont contre l’adoption à 56% contre 41%. En décembre 2012, 48% y étaient favorables.
*le prénom a été modifié










Voilà qu'en plein marasme économique, la Gauche décide de mettre sur le devant de la scène politique, une mesure (Ô combien populaire...) réclamée à corps et à cris par une majorité de français. C'est presque une question vitale pour la Nation, le budget, la dette, le chômage, les retraites, tout ça est secondaire !
C'est la mesure-phare du quinquennat de Hollande, ne cherchez pas plus loin ! Au moment où, les français auraient besoin de se rassembler, voilà qu'on leur propose un projet qui les divise. Après, faut pas s'étonner d'une chute dans les sondages.
Sans compter que, tous les gays ne demandaient pas une telle publicité. Il eut peut-être été plus judicieux d'attendre une période plus propice socialement.
Je rêve.
Cela fait 2000 ans qu'il n'y a pas de période propice pour que des êtres humains puissent vivre sans se cacher honteusement et on vient nous dire qu'il faudrait encore attendre... En Angleterre le mariage gay est passé en une journée au Parlement dans l'indifférence générale. Dans tous les pays où la loi est passée, plus personne n'en parle et plus personne ne pense une seconde à la remettre en cause. En France les catholiques ont réclamé des débats et on a vu la teneur des débats : des manifs où l'on jette ses enfants contre les CRS, des insultes quotidiennes sur tous les réseaux sociaux et dans les médias, des politiques qui s'emparent des homos pour régler leurs compte entre eux, et des mecs qui finissent par nous dire qu'à cause des homos, on ne règle pas la crise...
Lisez donc le témoignage de ce jeune qui pourrait être votre fils et essayez un peu de réfléchir, si vous en êtes capable.
franchement la france est deja en retard y a pas a attendre
Franchement, dans l'immédiat, la question n'était pas vitale. Il y avait bien d'autres problèmes plus urgents à régler. Mais faute de volonté politique ou de moyens financiers, ils ont opté pour une mesure symbolique qui ne leur coûtait rien.