| 27/03/2011 15:51 |
Crédits photo : Olivier Liévin | LOR'Actu
40 ans après le légendaire festival de Woodstock en 1969, Ten Years After est toujours sur les routes et a fait escale hier soir à la Passerelle de Florange. Rencontre avec Leo Lyons (bassiste) et Joe Gooch (guitariste/chanteur).
LOR’Actu : Avant de commencer, je tiens à vous remercier d’avoir accepté de nous accorder un peu de temps pour l’interview !
Ce n’est rien, cela nous fait plaisir !
LOR’Actu : Ce n’est pas votre première venue à la Passerelle de Florange et encore moins en France. Notre pays ainsi que l’Allemagne constituent une grande partie de vos dates. Pourquoi ?
Et bien tout d’abord, parce que nous avons un public fidèle dans ces deux pays ! Il est vrai que cette tournée en particulier est la plus grande que nous ayons faite en France depuis notre reformation il y a 7 ans. Nous essayons de tourner dans un maximum d'endroits mais effectivement, dans des pays comme la France et l’Allemagne mais aussi la Pologne ou les Etats-Unis, le public nous accueille toujours avec une grande ferveur. Il est donc logique pour nous de concentrer une bonne partie de nos dates ici.
LOR’Actu : Selon vous, comment ont évolué vos concerts depuis les années 70 ? Le public a-t-il lui aussi évolué ?
Et bien je dois dire que j’apprécie d’avantage les choses comme elles le sont aujourd’hui. Auparavant, nous jouions beaucoup dans des théâtres et la proximité avec le public était moindre. Aujourd’hui, nous pouvons nous joindre à lui et parler avec les gens après le concert, c’est important pour nous. Concernant l’évolution de ce public, disons qu’à l’époque celui-ci était essentiellement constitué de jeunes, ils ont vieilli comme nous et nous suivent toujours aujourd’hui mais la nouvelle génération est venue s’y ajouter et cela nous fait grandement plaisir (sourire).
LOR’Actu : Quel est le concert qui vous a le plus marqué, en plus de 40 ans de carrière ?
Et bien, il est évident que Woodstock revient toujours dans cette question. Le film relatif au concert et notre participation à ce festival a apporté beaucoup à la carrière de Ten Years After. Nous étions connus avant d’y jouer, mais au-delà de ça, Woodstock représentait énormément de choses à l’époque et son caractère historique a été important pour nous. Le concert du Marquee à Londres a également joué un rôle important pour le groupe, et nous y gardons un excellent souvenir.
LOR’Actu : Leo, est-ce difficile de jouer du blues à 68 ans ?
No, ‘cause you still have the blues ! Et je ne pense pas que cela s’en ira un jour (sourire).
LOR’Actu : Joe, tu es maintenant au sein du groupe depuis un moment, y es-tu totalement intégré ? La différence d’âge a-t-elle posée problème ?
Joe : J’y suis depuis maintenant 7 ans, et oui je pense effectivement y être bien intégré maintenant. La différence d’âge est un sujet qui revient très souvent, mais nous n’y avons pas vraiment porté attention, tout s’est passé assez naturellement. Lorsque j’étais jeune, les musiciens des groupes que j’écoutais étaient tous plus vieux que moi et lorsque je me suis retrouvé au sein de Ten Years After, j’ai été impressionné pendant un temps, mais cela est très vite passé. L’entente au sein du groupe est très bonne.
Leo : Et nous ne sommes pas si vieux que ça ! Tu peux courir vite Joe, je te rattraperai quand même (rires) !
LOR’Actu : Y a-t-il des groupes que vous appréciez particulièrement aujourd’hui ?
Leo : Oh oui il y en beaucoup mais j’ai toujours du mal à me rappeler de leurs noms ! J’aime particulièrement des artistes comme Jack White, qui a un talent extraordinaire. En ce moment, j’aime assez The Black Keys, ce genre de choses. Etant donné que je vis à Nashville, j’écoute également beaucoup de musique country, la région tire ses racines dans le blues et le rock n’ roll donc je suis amené à découvrir continuellement de nouvelles choses de ce style. Je ne suis pas très difficile en fait, je pense que l’énergie s’est transmise au fil des années et une quantité de bons groupes ont vu le jour.
Joe : Je suis aussi très éclectique, dès que j’ai un peu de temps j’essaye de découvrir de nouveaux groupes. Dernièrement, j’ai beaucoup écouté Them Crooked Vultures, je suis un fan de Dave Grohl. Le rock progressif m’attire également, des groupes comme Rush ou Genesis. Du blues bien évidemment avec BB King par exemple.
Leo : C’est assez impressionnant la façon dont l’Ipod a fait évoluer les choses. Grâce à lui, chacun peut se constituer une bibliothèque de musiques tout à fait gigantesque et très diversifiée, cela a développé l’éclectisme chez les gens, avant on se concentrait surtout sur les albums d’un genre de musique que l’on aimait particulièrement. Malgré ça, il faut faire attention à ne pas s’égarer (rires), personnellement je me sens toujours obligé de revenir à un moment ou à un autre vers le blues.
Crédit Photo : Olivier Liévin | LOR'Actu
LOR’Actu : Quel est votre opinion sur l’industrie du disque de nos jours ?
Je ne pense pas qu’on puisse se fixer sur une opinion précise, l’industrie de la musique a évolué depuis des années et continuera à évoluer encore et encore, selon certains cycles. C’est une activité tout de même très lucrative pour tout le monde, notamment pour les maisons de disques. D’ailleurs le festival de Woodstock a lui aussi participé à transformer cette industrie. Je ne pense pas qu’elle soit condamnée, il y a toujours une renaissance, et je pense qu’elle va ou qu’elle est en train de s’adapter à l’environnement actuel. On dit qu’elle va mal, mais elle brasse toujours des millions et des millions, il ne faut pas se leurrer (sourire).
LOR’Actu : Le groupe a-t-il des projets pour l’avenir ?
Et bien, nous en parlions justement tout à l’heure, ce n’est pas encore bien défini, disons que pour l’instant nous nous concentrons sur cette tournée en France, et nous verrons après cela. Joe et moi avons une formation en dehors du groupe qui s’appelle Hundred Seventy Split, nous devons nous en occuper également. De mon côté, tant que le public répondra présent et voudra voir Ten Years After en concert, je ne m’arrêterai jamais de jouer.
LOR’Actu : Je voudrais revenir sur votre concert à la Rockhal d’Esch-sur-Alzette il y a quelques années. Ce concert était filmé et un DVD, qui n’a jamais vu le jour, était prévu. Que s’est-il passé ?
Malheureusement, il y a eu des erreurs techniques. Le problème ne venait en aucun cas du concert en lui-même, l’ambiance était très bonne, nous avions fait un très bon concert, mais la vidéo était tout simplement inutilisable, il y avait une surexposition de lumière. Nous présentons nos excuses à toutes les personnes qui s'y trouvaient.
LOR’Actu : Merci pour cette interview. Pour finir, quelques mots en français ?
Leo : Yes ! Heu. Merci beaucoup … pour tous les fans français ! J’ai appris le français … dans l’école (rires). Ma femme parle français, et quand je parle aussi français… elle rit !
(Leo reprend en anglais) Non vraiment, nous voudrions adresser aux français un grand merci, vous êtes vraiment un public très chaleureux et très accueillant, c’est un réel plaisir de jouer en France chaque fois que nous venons ! Merci à tous, vraiment.
Propos recueillis et traduits par Guillaume Weitzel.







