| 20/01/2011 |
Les travaux ont pris possession de toute l'île de la gare. Les usagers quotidiens sont obligés de trouver des places plus éloignées qu'ils rejoignent grâve à une navette gratuite.
Crédits photo : Florie Colarelli
L’heure est aux grands travaux devant la gare thionvilloise. Pendant quinze mois, les habitudes des usagers devront changer et ceux-ci devront se garer plus loin, devant les anciens abattoirs. Les premiers touchés sont les frontaliers.
DECOUVREZ NOTRE DIAPORAMA SUR LE CHANTIER DE LA GARE :
A partir de 17h30, à la gare de Thionville, les frontaliers ne sont pas difficiles à reconnaître. Ils sortent des TER en provenance de Luxembourg comme un seul homme et se hâtent vers la ligne 22 de la TrensFench. Rebaptisée sobrement « navette » pour les quinze prochains mois, elle emmène les travailleurs du parvis de la gare jusqu’à leurs voitures, garées devant les anciens abattoirs, à raison d'environ 45 voyages entre 17h57 et 20h. Le bus se remplit en moins de cinq minutes et les portes se ferment. Embarquement immédiat au pays des frontaliers.
Les utilisateurs partagés sur la question des travaux de la gare.
Si la mise en place de cette navette est principalement saluée par la critique, l’incompréhension plane quand même dans l’esprit des voyageurs et les avis sont partagés. Certains trouvaient la gare « bien comme elle était avant » et ne comprennent pas vraiment l’utilité des travaux. D’autres, comme Michael, estiment, qu’il « y a besoin » d’un coup de neuf. Tous,ou presque, sont cependant d’accord sur une chose : ils n’auraient pas du commencer en hiver. C’est que les chutes neigeuses du mois de décembre ont laissé des traces dans les mémoires. Jusqu'à présent, Fabienne rejoignait la gare en bus. Aujourd’hui sa ligne de bus ne dessert plus l’arrêt, elle doit donc venir en voiture. « Mais s’il se remet à neiger comme le mois dernier, je ne sais pas comment je vais faire. L’idéal, ça aurait été de commencer au printemps », conclut-elle. Michael, lui, garde le sourire : « Bah ! De toute façon y’en a pour quinze mois, je crois, alors, à un moment où un autre, l’hiver serait passé par là. »
Il est désormais 18h et ça commence à bouchonner sérieusement à la sortie de l’île de la gare et sur le boulevard Robert Schuman. Quelques automobilistes jouent de leurs klaxons, en vain. Dans la navette, Aurore, en stage à Metz, se mêle à la foule de frontaliers. Pour elle, le problème n’est pas seulement l’éloignement des places de parking, il y a aussi le fait qu’elles sont moins nombreuses et surtout l’état du sol. « Il y a trop de trous, ça abîme les voitures, confie-t-elle d’une voix timide avant de philosopher en haussant les épaules.Mais on s’habitue, alors ça va. » Pour Davy, l’état de la route n’est pas un problème, « j’ai une vieille voiture, c’est pas grave », dit-il en souriant. Non, le problème c’est que la navette n’est pas toujours là quand il le faut, alors il lui arrive très souvent de faire le chemin à pieds.
En répondant aux questions, Salim craint d’abord d’être trop négatif. Mais au final, il semble être le plus positif de tous. Certes, le parking est trop loin, les places moins nombreuses, l’état de la chaussée déplorable et la navette, « il faut la chopper ! », mais « au moins, c’est gratuit ». En vérité, c’est bien cela qui l’inquiète : « c’est gratuit, pour l’instant. Mais est-ce que ça sera toujours comme ça ? J’ai peur que non ! »
De retour devant le parvis de la gare, le bus ouvre ses portes dans l’attente d’un nouveau régiment de voyageurs tandis que dehors, chacun y va de sa solution personnelle pour éviter les problèmes de parkings et d'embouteillages. Les plus courageux sont devenus piétons ou cyclistes alors, qu’équipée d’une grosse doudoune pour contrer le froid, une jeune femme enfourche sa trottinette à moteur.











