La petite vallée de la Vologne replonge dans le cauchemar de l’affaire Grégory

Vosges - 14/06/2017 16h54
Lu 11 469 fois -   LORACTU.fr La Rédaction
La petite vallée de la Vologne replonge dans le cauchemar de l’affaire Grégory
Société
Le maire de Granges-Aumontzey (Vosges), où se sont déroulées plusieurs interpellations, interrogé par des journalistes de la presse nationale et régionale. (PHOTO: VOSGES TELEVISION)

Dans les Vosges, la paisible vallée de la Vologne replonge dans le passée. Après l’interpellation de trois suspects et l’audition de deux autres dans le cadre du meurtre du petit Grégory, cette affaire hors-norme est rouverte par la justice et les médias remettent une pièce dans la machine.

La tranquillité de la petite vallée vosgienne est brouillée depuis mercredi après-midi après l’interpellation dans la matinée de plusieurs suspects dans l’affaire Grégory. Véritable fiasco judiciaire et phénomène médiatique, le crime du petit garçon âgé de 4 ans il y a 32 ans dans cette paisible vallée des Vosges livre de nouveaux événements. Les gendarmes de la section de recherche de Dijon ont procédé dans la matinée du mercredi 14 juin à trois interpellations sur commission rogatoire dans le département des Vosges, d'après le procureur général de la cour d'appel de Dijon. Et déjà, des reportages y sont réalisés à Lépanges-sur-Vologne où les villageois disent redouter le retour du "cirque médiatique". 

Les trois arrestations, l'oncle et la tante de Jean-Marie Villemin – le père du petit Grégory - ainsi qu'une la belle-sœur, se sont jouées dans le petite village de Granges-Aumontzey. Le maire a déjà été sollicité par de nombreux journalistes de la presse régionale et nationale. Il s’inquiète que le secteur replonge dans la folie médiatique qui s’était emparée de la région en 1984 à l’époque des faits. Il y a 32 ans, chroniqueurs judiciaires et journalistes de tous les médias menaient une contre-enquête à coups de scoops, de pièces à convictions et de photos parfois provoquant l’indignation de l’opinion publique. Quitte à gêner les enquêteurs qui avaient d’ailleurs le plus grand mal à démêler le vrai du faux dans cette enquête tentaculaire.

- Peur du retour d'un "cirque médiatique" -

L’annonce des interpellations à peine médiatisée que les journalistes sont déjà sur les lieux. Les identités des suspects est rapidement dévoilée et les chaînes d’informations multiplient les directs. En parallèle, la presse internationale rappelle les rebondissements spectaculaires de cette affaire hors-norme. En ligne, on peut déjà lire des articles sur les sites de la BBC, de médias allemands, luxembourgeois ou encore américains. 

Ce sont des gens bien qui participaient à la vie du village", selon le premier magistrat Philippe Petitgenet. Dans sa commune, deux suspects ont été interpellés: Il s'agirait de proches de la famille Villemin, Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grande-tante de la victime. 
Il y a trois décennies, la machine médiatique s’est rapidement emballée ce que craignent de nouveau les habitants de la vallée de Vologne, ce petit cours d’eau où le cadavre du petit Grégory avait été retrouvé. 

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- Des dérapages et une curiosité journalistique inédite -

Dès la découverte du corps du fils de Christine et Jean-Marie Villemin dans la Vologne, la presse s'est emparée du sujet, menant ses propres investigations et prenant ouvertement partie. Ainsi, la mère de Grégory avait été mise en cause: de nombreuses rumeurs la disaient responsable de la mort de son fils et des témoignages, ainsi qu'une étude graphologique, ont conduit le juge de l'époque Jean-Michel Lambert, à la mettre en examen et à l'écrouer en juillet 1985. Libérée 11 jours plus tard, puis blanchie en 1993, Christine Villemin est pourtant toujours vue comme étant le corbeau, voire la meurtrière potentielle, par une partie de la population de Lépanges-sur-Vologne. Une opinion relayée à l'époque par une partie de la presse. Dans une tribune publiée en 1985 par Libération, Marguerite Duras choque en prenant fait et cause pour la mère, tout en l'estimant coupable. L'écrivain estime que le crime de Christine Villemin est "sublime, forcément sublime" et justifie son geste par une vie terne, et une rancœur contre son époux.

Autre dérapage, celui de la première photo: celle d'un enfant qu'un pompier sort de l'eau, une victime ligotée des pieds à la tête, son bonnet rabattu sur son visage. Un photographe de la presse quotidienne régionale, présent sur les lieux,  saisit l'instant dans cette nuit d'automne et en noir et blanc le drame va s'afficher dès le lendemain à la Une du journal. 

Près de cinq mois après les faits, Bernard Laroche est libre. Sa libération comme sa réhabilitation dans la société sont largement médiatisées. Trois semaines après sa libération, le journaliste Jean Ker travaillant pour Paris Match fait écouter aux parents de Grégory l’audition de Muriel Bolle retranscrite sur cassette. Cette écoute ne fait qu’attiser la haine des parents envers le principal suspect. Après l’audition et le départ de Jean Ker, tard dans la nuit, ceux-ci décident d’aller tuer Laroche. Ils seront arrêtés in extremis par le journaliste, revenu sur les lieux avant que l’irréparable ne soit commis. Finalement, le 29 mars 1985, vers 13h00 Jean-Marie Villemin se rend au domicile de Bernard Laroche et lui tire une cartouche de chevrotine en pleine poitrine. Il décède quelques instants plus tard

"L’incroyable rebondissement" lancent toutes les demi-heures les présentateurs de BFMTV ce mercredi, "trois décennies de mystères et de rebondissements" écrit Le Parisien, "stupeur" titre le site de RTL en Belgique, "coup de théâtre" assure l’AFP tandis que L’Est Républicain ou Vosges Matin qui ont révélé l’affaire évoquent un rebondissement "vertigineux" ou encore "l’affaire revient brutalement" à la une de l’actualité. Un intérêt médiatique qui n’est pas prêt de s’arrêter ces prochains jours dans cette calme vallée au cœur des Vosges. 

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